À Costabissara, près de Vicence, la villa Donà accueille de nouveaux usages sous l’impulsion des architectes RigonSimonetti. L’ensemble, composé d’une demeure et de sa barchessa, est réorganisé autour d’espaces de travail, de restauration et de rencontre. Le projet s’appuie sur les volumes et les matériaux existants, pour installer de nouveaux usages.
L’approche se fait depuis la route, face à la longue façade rythmée d’arches. La barchessa constitue le premier contact, à la fois seuil et espace traversant. L’une des ouvertures accueille une structure en bois, suspendue dans l’épaisseur de la baie, qui laisse entrevoir l’activité intérieure et engage le passage. Sous le portique, les colonnes en pierre dessinent un premier ordre. En retrait, une ossature en bois et métal légèrement décalée permet de redéfinir la profondeur du lieu. L’espace s’organise ainsi en plans successifs.
Des volumes rendus habitables
Au rez-de-chaussée, les anciens espaces agricoles sont investis par de nouveaux usages. La loggia devient une salle polyvalente, ouverte sur trois côtés, tandis qu’un café-restaurant s’installe dans un volume en double hauteur. Les murs conservent leur texture, parfois laissée brute, parfois simplement reprise à la chaux, sans chercher à uniformiser.
Les éléments ajoutés se lisent comme des objets à part entière. Un volume en bois regroupe les fonctions techniques, un comptoir et des assises prolongent l’architecture sans s’y confondre. Leur mise en œuvre précise contraste avec l’irrégularité des maçonneries, établissant un dialogue direct entre construction ancienne et interventions nouvelles.




Travailler dans l’épaisseur
Un nouvel escalier en béton, coulé avec un coffrage marqué par le module des marches et revêtu de pierre de Vicence, conduit à l’étage. Là, les espaces de travail se répartissent entre coworking, bureaux et salles de réunion. Les cloisonnements restent légers, souvent constitués de cadres en bois et de parois vitrées, qui laissent circuler la lumière et les vues.
Dans la barchessa, certaines pièces conservent la présence des structures anciennes, bois et maçonnerie apparents, autour desquelles viennent s’ajuster les partitions. L’intervention ne cherche pas à masquer ces coexistences mais à les rendre opérantes, en les intégrant au fonctionnement quotidien des espaces.





Un site recomposé par ses usages
Autour des bâtiments, les extérieurs prolongent cette organisation. Côté route, un jardin accompagne l’accès et met en relation le site avec le village. À l’arrière, une cour plus fonctionnelle accueille les circulations et les usages liés à l’activité du lieu. Plus loin, le parc existant est conservé, ponctué d’interventions discrètes qui en renouvellent l’usage, notamment autour de l’eau et des espaces de repos.
Une construction nouvelle complète l’ensemble en accueillant des espaces de travail supplémentaires. Par sa position et ses proportions, elle s’inscrit dans la continuité du site sans reprendre les formes de l’existant. Entre les bâtiments, les circulations et les jardins assurent la cohérence d’un ensemble désormais traversé, occupé, activé à différentes échelles.







