07/11/2017

Une ville nouvelle de la taille de la Bretagne – Les Bronzés veulent skier dans les stations chics – Protégés par l’inventaire, détruit dans la vraie vie – Haro sur l’affiche en Italie, Belgique et en France. La revue de presse du 7 novembre 2017
 
La politique (saoudienne) de la ville
À quelques jours de l’ouverture du Louvre d’Abu Dhabi, l’Arabie Saoudite rappelle qu’elle est capable de lancer de grands projets, et même de très grands projets. Le 24 octobre dernier, le prince héritier du trône saoudien Mohammed ben Salmane  a annoncé la création d’une nouvelle ville, Néom, cité moderniste de 26 500 km2, légèrement moins que la Bretagne ou l’Albanie. « Une ville où les robots seront plus nombreux que les humains » : transport sans chauffeur, drones avec passagers… tous les ingrédients de la modernité y seront concentrés. Le communiqué de presse indique qu’une très grande partie des tâches du quotidien serait automatisée via des robots si bien que la ville, qui serait avant tout peuplée de personnes « aux compétences uniques », serait susceptible d’avoir « le PIB par habitant le plus élevé au monde ». À terme, la ville pourra s’étendre sur les rives d’Égypte et de Jordanie. Une seule inconnue demeure : les zones d’implantation des prisons, une donnée dont aimeraient sûrement disposer les ministres que ben Salmane faisait arrêter quelques jours après l’annonce de la création de sa nouvelle cité, « paradis technologique pour parer au temps de crise d’un pays en pleine restructuration ».
Via Up 

Club Med et club Alpin
Les projets de développement du Club Med dans les Alpes se heurtent aux disponibilités foncières des stations de montagne. « Aux dirigeants du Club qui voulaient 30.000 m2 à Courchevel 1850 m, les élus ont répondu non. “Ce projet n’était inscrit ni au SCOT (document d’urbanisme qui détermine un projet de territoire, NDLR), ni au PLU (plan local d’urbanisme, NDLR) et la transaction proposée mettait en péril l’ensemble de nos ventes foncières”, explique le maire de Courchevel, Philippe Mugnier ». À Courchevel ou à Chamonix, les alternatives proposées par les élus n’ont pas plu à l’opérateur touristique, qui cherche, selon le maire de Chamonix, « la reproduction d’un schéma unique et uniforme mobilisant une emprise démesurée » d’environ 40 000 m2. Le président Giscard d’Estaing (Henri), patron du Club Med, affirme avoir besoin de ces surfaces pour rentabiliser les investissements et répondre aux attentes de confort de sa clientèle. Autre raison de la mésentente, selon le maire de Courchevel « la population est très attachée à son patrimoine et s’inquiète de le céder aux capitaux chinois, présents au Club Med ». Et l’argent des Bronzés, ils n’en veulent pas non plus ?
Via Les Échos 
 
Catalogue à trou
20 ans n’est pas le bel âge pour le Catalogue des édifices protégés de la ville de Madrid. Une étude récente montre que 136 bâtiments inscrits à cet inventaire effectué en 1997 ont été démolis ou profondément modifiés. Et c’est une estimation basse, puisque ce chiffrage fourni par la mairie date de décembre 2016. « La plupart du temps (les propriétaires) invoque le risque de péril imminent pour justifier des démolitions inutiles, on effectue un déclassement arbitraire, on se permet de modifier une façade sans expliquer pourquoi… Il y a une sensation de perte de contrôle, de manque de critères unifiés, d’ambiguïté «  se lamente la porte-parole de l’association Madrid Ciudadania y Patrimonio. On tremble pour les 12 000 édifices protégés de Madrid.
Via El Pais 

Dans la petite image, le bâtiment protégé de la calle del Clavel, 7. Dans la grande, comment est l’immeuble maintenant? CARLOS ROSILLO via El Pais

 
Ca l’affiche mal
La guerre contre la publicité urbaine a éclaté en plusieurs points d’Europe. Une première bataille se déroule à Waterloo, où l’adjoint à l’urbanisme part en guerre contre des mats publicitaires prenant la forme de drapeaux « Pour moi, il s’agit d’une pollution visuelle qui ne sert à rien. Je ne pense pas qu’un concessionnaire de voitures gagne des clients avec ces drapeaux. Ils n’ont aucune utilité commerciale. C’est dangereux pour les piétons quand les trottoirs sont étroits. Et au niveau esthétique, c’est affreux. Sans parler des problèmes de sécurité en cas de coup de vent. Bref, cela doit changer »
D’autant que quand un commerçant voit son voisin sortir son drapeau, il fait de même, suivant une logique de drapeau de mouton. À Rome, la municipalité s’apprête à supprimer 65 000 m2 de panneaux publicitaires. D’après une étude du département architecture de la Sapienza, qui durant ses derniers mois à participé aux tables rondes réunissant les associations et les services techniques de la Mairie, près de 60 % de ses quelques 14 000 emplacements publicitaires seraient installés de manière dangereuse et précaire, quand ils n’entrent pas en contradiction avec le code de la route. Trop serrés, les panneaux publicitaires entraveraient les trajets piétonniers, en particulier dans le centre historique. À Somain, une ancienne cité minière entre Douai et Valencienne, la ville est partie en guerre contre une affiche remerciant le site Jaquie et Michel, apposé par une ante-sexagénaire assumant ses débuts dans la cinématographie classée X. « Je ne comprends pas, il n’y a rien de sexuel. Ce n’est même pas de la publicité, je l’ai fait pour le plaisir, pour le fun’, explique Thérèse, tandis que la mairie invoque la loi plutôt que la pudibonderie « Que ce soit une publicité ou une simple inscription, c’est interdit, d’autant qu’elle n’a fait aucune demande pour la réaliser. Notre démarche n’a rien à voir avec la signification de cette inscription ». Thérèse étudie déjà une parade ‘‘la publicité est interdite sur les murs de bâtiments sauf quand ces murs sont aveugles (sans fenêtre). La fenêtre qui pose problème ne me sert à rien, elle donne sur mon grenier. Je vais peut-être la murer, comme ça je pourrais laisser mon inscription ». Même pour cela, il faudrait une autorisation, explique la mairie, rappelant à Thérèse qu’elle s’expose à des poursuites pénales et à une contravention de 750 euros si elle ne retire pas son inscription. Implacable réglementation : vivement le lancement d’un PLUx suivi de l’instauration d’une zone Q  bien délimitée sur les plans d’urbanisme de Somain.
Via Sudinfo, La Repubblica20 minutes 
Via 20 minutes

Olivier Namias