21/03/2017

« Le Stadium : un cube anthracite, d’un gris fatigué, qui surgit au détour de la voie rapide. Celle-ci relie la zone industrielle de Vitrolles, saturée d’enseignes lumineuses, à la future technopole du plateau d’Arbois. Entre les deux, un no man’s land paysager : un site archéologique de l’ère industrielle, une ancienne décharge publique. C’est ici que la ville de Vitrolles a décidé en 1989 d’implanter sa future salle de spectacle et a confié sa réalisation à Rudy Ricciotti architecte  » local ». Les ouvriers à l’œuvre sur le chantier l’ont rapidement appelée « la Kaaba ». Elle suscite en s’approchant le même mélange de curiosité et de méfiance que l’objet incongru tombé du ciel dans le film « 2001 l’odyssée de l’espace. (…) Le programme traite du lieu comme exutoire des violences et des tensions du monde contemporain. Ricciotti en fait une boite noire, à l’instar de celle tombée des avions (qui détient la Vérité en cas d’accident) ou de ces trous noirs qui intriguent tant les physiciens. Par la brutalité du traitement, il met en scène des pulsions archaïques. En réponse au désarroi d’une société qui ne sait plus quel projet proposer à sa jeunesse, surtout lorsqu’elle est basanée, si ce n’est leur accorder une zone de défoulement en lieu et place d’une ancienne décharge d’ordures, le bâtiment parle de cette source de vie inépuisable qu’est l’Énergie – le terme est à comprendre sous toutes ses acceptations (métaphysique, biologique, économique, etc). La force du geste se situe à la mesure de l’enjeu, le devenir d’une société. » introduit Architectures CREE dans son numéro 264, daté de mars 1995. Vingt ans après, le « temple du rock marseillais », toujours posé sur la terre rouge de l’ancienne carrière de bauxite, est dans un bien triste état.
 
CREE 264, mars 1995, Equipements culturels
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Pour poursuivre : Stadium de Vitrolles : bientôt 20 ans… d’abandon !