Avec Luma Hellenis, sa première collection de luminaires, l’architecte d’intérieur Hélène Paoli explore les liens entre architecture, matière et lumière. Inspirées par ses souvenirs de Grèce, ces lampes en céramique aux lignes épurées témoignent d’une recherche où la simplicité des formes laisse toute sa place à la richesse des émaux et au savoir-faire artisanal.
Née à Zurich, Hélène Paoli a grandi au gré des déplacements professionnels de ses parents, de Sana’a, au Yémen, à Athènes, puis Munich, dans un environnement nourri de cultures et de paysages très différents. De cette enfance itinérante, elle conserve un goût pour les matières, les couleurs et les savoir-faire qui traverse aujourd’hui son travail. La Grèce, où elle a vécu, occupe une place particulière dans cet imaginaire. C’est vers elle que l’architecte d’intérieur s’est tournée pour concevoir Luma Hellenis, sa première collection de luminaires.
Une géométrie élémentaire
Après une formation en histoire de l’art et à LISAA, où elle étudie le design de produit et l’architecture intérieure, Hélène Paoli fonde l’agence Archipelles en 2007. Avec Luma Hellenis, elle prolonge son travail sur les espaces et le mobilier à l’échelle de l’objet lumineux. Inspirées du vocabulaire architectural antique, les lampes reposent sur l’assemblage de deux volumes cylindriques de diamètres différents. Leur dessin épuré leur confère une présence presque sculpturale, tandis que le jeu des proportions distingue les trois modèles de la collection. Du plus compact au plus élancé, chacun développe une silhouette singulière à partir d’une même géométrie.
La lumière participe pleinement de cette composition. Diffusée depuis l’intérieur du cylindre supérieur, elle vient éclairer le volume inférieur et révéler les nuances de la céramique. La source lumineuse reste discrète, tandis que les surfaces réfléchissantes et les parties laissées dans l’ombre accentuent la lecture des volumes.




La céramique comme matière vivante
Fabriquées en petites séries par l’atelier français Céramique Lochoise, les lampes sont réalisées en grès chamotté, coulé et émaillé à la main. Leur particularité réside dans le contraste entre les surfaces extérieures, brillantes et colorées, et la texture plus brute de la céramique intérieure, dont les irrégularités contribuent à adoucir la lumière. Le processus de fabrication, du coulage de la terre à la cuisson et à l’émaillage, exige une grande précision pour obtenir la régularité de ces formes cylindriques. Les légères variations de surface et de couleur, inhérentes au travail artisanal, introduisent une part de singularité dans une géométrie volontairement rigoureuse. « Une minutie et une attention particulières ont été portées à la douceur minérale de la céramique et à la subtilité des couleurs méditerranéennes », explique Hélène Paoli.






Cinq couleurs, une mémoire méditerranéenne
La collection se décline en cinq teintes inspirées de la Grèce et de sa mythologie. Blanc Paros évoque les architectures chaulées des Cyclades, Jaune Hélios la lumière solaire, Rouge Sparte les tonalités profondes de la terre. Vert Épire emprunte aux paysages du nord-ouest grec, tandis que Bleu Nyx fait référence à la déesse de la Nuit. Les émaux, tantôt opaques, tantôt transparents, présentent des effets de profondeur et des variations chromatiques qui évoluent avec la lumière. Jaune Hélios et Vert Épire, notamment, révèlent des nuances changeantes grâce à l’emploi d’émaux transparents. Selon que les lampes sont allumées ou éteintes, la perception des couleurs et des surfaces se transforme, faisant apparaître toute la richesse du travail de la céramique.
Avec cette première collection, Hélène Paoli poursuit une recherche où la rigueur du dessin architectural rencontre les qualités sensibles de la matière. Une manière de donner à des formes élémentaires une présence qui dépasse leur seule fonction d’éclairage.









