À Garges-lès-Gonesse, le groupe scolaire Victor Hugo accompagne la transformation de la Dame Blanche Nord, quartier emblématique des grandes opérations de logements des années 1960 dont la restructuration redessine progressivement les liens avec le reste de la ville. Implanté à l’extrémité septentrionale du quartier, sur une parcelle en surplomb des voies ferrées reliant Paris à Lille, l’équipement bénéficie d’une situation inhabituelle pour un programme scolaire : d’un côté, la présence massive des tours qui continuent de structurer le paysage urbain ; de l’autre, l’ouverture vers les espaces agricoles et naturels de la vallée du Petit-Rosne. C’est dans cet écart d’échelle que Marjan Hessamfar et Joe Vérons inscrivent une architecture qui accompagne les transformations du site tout en trouvant sa propre mesure.
La volumétrie du groupe scolaire résulte directement de cette condition de lisière. Là où un équipement de cette taille aurait pu constituer un objet autonome au sein du quartier, le projet développe au contraire une figure horizontale qui accompagne la limite urbaine et organise la transition vers le paysage ouvert. Un vaste socle accueille l’essentiel du programme tandis que deux émergences en R+1 identifient les groupes scolaires à chacune de ses extrémités. Cette composition confère au bâtiment une présence stable dans un contexte appelé à évoluer encore profondément au cours des prochaines années. Vue depuis les espaces naturels de la vallée, l’école marque désormais la frontière construite du quartier ; observée depuis les tours qui l’encadrent, elle participe de la recomposition d’un paysage urbain longtemps dominé par la seule logique des grands ensembles.






Le paysage comme donnée de projet
La relation au paysage ne relève pas ici d’une simple qualité de situation mais constitue l’un des matériaux mêmes du projet. La disposition des salles de classe, des circulations et des espaces extérieurs, tire parti de l’ouverture vers la vallée en multipliant les cadrages et les échappées visuelles. Dès l’arrivée, les édifices se découvrent à travers une succession de séquences plantées où les cheminements accompagnent les mouvements du terrain tandis que les lisières végétales prolongent les façades et organisent les transitions avec les espaces publics. Les jardins pédagogiques, les vergers et les cours largement arborées participent de cette même logique, en donnant au végétal une place active dans les usages et dans la perception du site.
L’épaisseur constructive
Cette attention portée aux relations entre le bâtiment et son environnement se retrouve dans le travail des seuils et des espaces intermédiaires. Débords de toiture, préaux, coursives et retraits successifs composent une architecture de l’épaisseur qui nuance les rapports entre intérieur et extérieur sans recourir à des dispositifs spectaculaires. La brique claire, le bois et le verre sont employés avec une grande économie de moyens, dans une écriture qui privilégie la précision des assemblages et la qualité des ambiances. La lumière naturelle pénètre largement les espaces d’enseignement, tandis que les circulations profitent de vues cadrées sur le paysage et acquièrent une qualité spatiale rarement accordée à ces espaces de distribution. Cette attention constante aux usages contribue à donner au bâtiment une présence calme, fondée sur la justesse de ses proportions et de ses dispositifs plutôt que sur l’affirmation d’une image.






Une architecture pour le temps long
Le système constructif associe un rez-de-chaussée en béton bas carbone à une structure bois dans les niveaux supérieurs, selon une logique qui articule performance environnementale et capacité d’évolution. La trame porteuse, l’organisation des plateaux et la disposition des cloisonnements autorisent différentes configurations d’usage et permettent d’envisager les adaptations futures sans altérer la cohérence générale de l’édifice. Dans un quartier dont les formes urbaines, les usages et la démographie continuent de se transformer, le groupe scolaire Victor Hugo s’inscrit ainsi dans une temporalité longue, celle d’un équipement public conçu pour accompagner durablement son territoire.


Groupe scolaire 1 : 8 classes élémentaires, 4 classes maternelles et 1 classe bivalente.
Groupe scolaire 2 : 7 classes élémentaires, 5 classes maternelles dont une classe très petite section (TPS), 1 classe bivalente
Espaces mutualisés aux deux établissements : Pôle restauration, entre de loisirs, salles d’activités
Maîtrise d’ouvrage : Ville de Garges Lès Gonesse
Maîtrise d’oeuvre : marjan hessamfar & joe vérons architectes mandataire, économiste et OPC
Taktyk paysagiste
Montant des travaux : 21 086 856 € HT
Groupe scolaire : 18 630 356 € HT
Parvis : 2 456 500 € HT
Surface groupe scolaire : 5 625 m² SDP / parvis : 5 768 m² SDP



