24/05/2017

L’architecture de la politique, Rennes verticale, le salaire des architectes, une architecture de l’oppression, Antonio Banderas maitre d’ouvrage malheureux à Malaga, Nancy effondré : la revue du presse du 24 mai 2017
 
Stéréotomie et politique
Ancien maire du Havre et nouveau premier ministre, Édouard Philippe est aussi un politicien stéréotomique au service du grand architecte de l’État, nous apprend Ouest-France : « le nouveau Président est en train de construire une nouvelle architecture de la majorité. Il en a trouvé la clé de voûte. Il lui manque encore quelques pierres de taille ». Emmanuel Macron ira-t-il jusqu’à nommer Gilles Perraudin à la conception gouvernementale ? Le besoin d’hommes et de femmes de l’art se fait sentir dans les affaires publiques, en témoigne ce titre interrogatif du quotidien Belge Le Vif : « quelle place pour le président dans l’architecture politique iranienne » ? Depuis la publication de l’article, Hassan Rohani a accédé à la fonction présidentielle, obtenant des pouvoirs restreints par sa mise sous tutelle par l’Ayatollah Khamenei, guide suprême de la révolution. « Ne définissant pas l’orientation générale de la politique iranienne, la place du président semble donc être limitée à celle de “l’intendant général de l’État” comme le dit le journal français RFI. » Rohani va-t-il lancer un concours pour revoir cette architecture gouvernementale, du genre Réinventer Farsi ?
 
Via Ouest-France http://politique.blogs.ouest-france.fr/archive/2017/05/15/edouard-philippe-la-cle-de-voute-d-une-nouvelle-architecture-18084.html
et Le Vif http://www.levif.be/actualite/international/quelle-place-pour-le-president-dans-l-architecture-politique-iranienne/article-normal-663969.html
 
Surprise et affolement

 « Hugo Sauzay et Charlotte de Tonnac, duo de l'agence Festen, font partie de cette nouvelle génération repérée par les influenceurs du style », via L’Obs Tendances
« Hugo Sauzay et Charlotte de Tonnac, duo de l’agence Festen, font partie de cette nouvelle génération repérée par les influenceurs du style », via L’Obs Tendances

« C’est le nouveau duo d’architectes-décorateurs qui affole le Tout-Paris. Couple à la ville comme au boulot, Hugo Sauzay et Charlotte de Tonnac insufflent dans les lieux qu’ils signent un modernisme néo-bohème et une simplicité élégante ». Le cahier tendance de l’Obs nous présente Festen, agence en pointe de la nouvelle vague d’architecture. Elle prône «une architecture d’intérieur simple, lisible avec un véritable respect du lieu d’origine. Nous ne faisons pas de faux décors, nous aimons travailler avec le réel, l’existant». Pourquoi “Festen”, d’ailleurs ?« Pour l’idée du festin, du repas de famille. Nous trouvions que ce mot était fédérateur, facile à entendre et à écrire. Et nous avions aussi adoré le film ‘Festen’, de Thomas Vinterberg.”» Autre affaire de famille, le musée des Arts et Traditions populaires (ATP), qui sera rénové par Thomas Dubuisson, petit fils de Jean, auteur du bâtiment existant. Une commande surprise, pour celui que l’on n’avait jamais consulté – pas plus que les autres membres de la famille – lors des modifications ou démolitions de l’œuvre de son prolifique grand-père. Franck Gehry, sollicité par LVMH pour la rénovation des ATP, a demandé à Search, l’agence de Thomas Dubuisson et Caroline Barat, de participer au projet. « Thomas Dubuisson avait travaillé deux ans dans lagence californienne de Gehry. Mon ancien patron! Que du bonheur. Que ça se termine comme ça, cest magique! sexclame-t-il. Il ajoute que sa joie a un peu déconcerté les équipes de LVMH : Je pense que le groupe était très surpris de ma réaction. On est bien loin de layant droit pointilleux et teigneux, attaché à défendre l’œuvre de lancêtre et à venger les offenses du passé… », apprend-on dans Libération. L’héritage, ça eu pesé !
 
Via L’Obs http://o.nouvelobs.com/design/20170519.OBS9619/festen-la-nouvelle-vague-d-architectes.html et Next Liberation http://next.liberation.fr/arts/2017/05/18/thomas-dubuisson-le-reparateur_1570495
 
Audace et Verticalité
Tour Chromosomes, Rennes, In Situ AE architectes, Réalités promoteur.
Tour Chromosomes, Rennes, In Situ AE architectes, Réalités promoteur.

« Plutôt frileuse par le passé en matière d’urbanisme, Rennes prend donc de la hauteur et mise pour cela sur l’audace architecturale », relate 20 minutes, un peu oublieux des beaux spécimens de tours dont s’est doté la capitale de Bretagne durant la décennie 60 : tour de l’Éperon, de la « Sécu » et les tours jumelles Horizons de Georges Maillols. Peut-être un mauvais souvenir de rénovation urbaine dont ont entend faire comprendre qu’il appartient bien au passé, comme l’explique Sebastien Séméril, premier adjoint à la ville en charge de l’urbanisme « “C’est d’ailleurs parce qu’il y a de la hauteur qu’on peut faire de l’architecture”, souligne l’élu. Le changement de cap de la municipalité est intervenu assez récemment. Avant cela, au début des années 2000, c’était la troisième ville la plus chère de France ». Après avoir misé sur le R+4 pour faire baisser les prix de la location, et repasser à la 16e place du classement des villes les plus chères de l’Hexagone, Rennes veut prendre de la hauteur : une cité universitaire de 17 étages est en cours de construction sur le quartier Villejean, ainsi que deux immeubles de logements de 17 et 19 étages, en dessous de la barre fatidique des 50 mètres entraînant un classement IGH. Un nouveau PLU va diversifier la construction, et sortir de l’urbanisme des « boulevards urbains avec des immeubles R+4 et une maison sur le toit ». Une page de réglementation se tourne.
 
Via 20 minutes http://www.20minutes.fr/rennes/2071539-20170519-rennes-ville-veut-prendre-hauteur-mise-audace-architectes
 
Soin et Architecture
La parole d’Yves Bubien vaut de l’or pour les architectes. Spécialisé dans l’architecture hospitalière, ce directeur du CHU d’Angers affirme que la conception de l’hôpital fait partie intégrante des soins, et qu’à l’heure de la modernisation du parcours des malades, l’architecture doit aller de pair avec la cure. « Plus qu’une œuvre d’art, l’hôpital doit être le reflet d’un projet de soin », explique Bubien, qui suggère de raccourcir les délais de réalisation des équipements hospitaliers. La décennie qui s’écoule entre conception et construction aboutie à la livraison d’équipements devenus obsolètes, qui de ce fait ne peuvent pas satisfaire leurs usagers. Le bien-être à l’hôpital compte aussi parmi les sujets qui passionnent Bubien : « le Healing  Environment” : les couleurs, le mobilier, l’éclairage et les espaces verts… Tout cela compte et sintègre dans une conception globale du soin. Lhôpital doit assumer aussi sa fonction de lieux daccueil, même si cela a été un temps sacrifié sur lautel de la technicité. Ça demande un vrai engagement, mais cest possible de rendre lhôpital agréable. Au CHU dAngers, on vient douvrir un Starbucks, et cest déjà un vrai succès!». Prochainement un Mc Do ou une autre chaine spécialisée dans la nourriture diététique directement dans votre hôpital ?
 
Via What’s up doc http://www.whatsupdoc-lemag.fr/actualites-article.asp?id=21523
 
Carrière et revenu
Adam Markowitz, architecte et fabricant de meubles australien, gagne moins de 80 000 AU$ par an. Jason South via The Sidney morning Herald
Adam Markowitz, architecte et fabricant de meubles australien, gagne moins de 80 000 AU$ par an. Jason South via The Sidney morning Herald

Une enquête de Fairfax Media révèle les salaires moyens de 1000 professions en Australie. Sans surprise, neurochirurgien s’avère un des jobs les mieux payés, avec 500 000 AU $ annuel. D’autres professions surprennent par des revenus plus faibles que ce que l’aura qu’elle dégage ne le laisse supposer. Au premier rang, bien sûr, celui d’architecte : « l’architecture me semblait une profession qui mariait créativité et stabilité financière, mais une fois dedans les choses se complexifient », explique Adam Markowitz, architecte, créateur de meuble et enseignant à l’université de Melbourne. « Votre sens moral est mis à rude épreuve lorsque vous dessinez un projet dans lequel vous n’aimeriez pas vivre », poursuit-il. Avec un revenu inférieur à 80 000 AU $, Markowitz gagne moins que la moyenne de la profession, située à 83 105 AU $ l’an. Ce qui ne paraît pas assez au regard du prestige accordé au métier d’architecte, et reste moins qu’un conducteur de train — 107 794 AU $ —, mais toujours plus que le revenu annuel moyen d’un ostéopathe, qui, avec 59 882 AU $, se situe quasiment dans le revenu moyen national.
 
Via The Sidney Morning Herald http://www.smh.com.au/business/workplace-relations/the-jobs-that-dont-earn-what-you-would-expect-20170516-gw5zbn
 
Oppression et lambris
le Michigan Union Building, dont l’atmosphère serait jugée oppressante pour les étudiants issus de minorités
le Michigan Union Building, dont l’atmosphère serait jugée oppressante pour les étudiants issus de minorités

Avant de rénover un des bâtiments centenaires de son campus, l’université du Michigan a voulu consulter ses étudiants. « En théorie, ce n’était pas une mauvaise idée. Malheureusement, l’université a oublié qu’elle avait affaire à la génération indignée, et aurait dû s’attendre à ce qu’un étudiant affirme que les minorités sont opprimées par les boiseries », rapporte PJ Média. La responsable d’une organisation étudiante a déclaré que « les étudiants des minorités se sentaient marginalisés par le majestueux et imposant lambrissage masculin », dévoilant au passage le sexe du revêtement mural. « On peut dire que l’on trouve certaines architectures ou certains décors “oppressants”, dans le sens de trop chargés ou inconfortables, mais c’est une autre chose que de traiter les murs de racistes ». D’obédience conservatrice, le PJ média voit là l’occasion de fustiger le radical leftism — le gauchisme radical — qui s’est diffusé dans tous les campus, « conduisant de prometteurs jeunes hommes et femmes à crier au loup à la vue d’un mur ». Radical lui aussi, le PJ media met en garde contre la « folie de justice sociale » qui menace de dévorer vivante l’institution, en ne lui laissant rien d’autre que « vous-savez-quoi ». On ne sait pas quoi, et l’on n’a même pas abordé le sujet « parquet ».
 
Via PJ Media https://pjmedia.com/trending/2017/05/17/umich-student-says-minorities-are-oppressed-by-wood-paneling/
 
Colons et planètes
projet pour un hub régional de développement minier sur Mars, développé dans le cadre d’un master de l’Université de Calgary. Conception et rendu John Ferguson
projet pour un hub régional de développement minier sur Mars, développé dans le cadre d’un master de l’Université de Calgary. Conception et rendu John Ferguson

Y aura-t-il des lambris sur la planète Mars ? À en juger par les premiers rendus du Studio Mars, un master d’architecture lancé par l’université de Calgary, on peut répondre par la négative. Le programme, encadré par Jessie Andjelic, s’est fixé pour but de rendre la quatrième planète du système solaire habitable, ce qui passe par des détails que l’on n’imagine pas, et qui ne relèvent pas forcément du high-tech. « Depuis Mars, la planète Terre apparaîtra juste comme une étoile dans le ciel, et les communications vers elle serait décalée d’au moins trois minutes. Les premiers habitants éprouveraient sûrement un désir de recréer de la familiarité. Nous passons beaucoup de temps à envisager les manières de créer un lien et un sentiment d’appartenance pour la première génération de colons », ce qui passe par l’implantation d’arbres au milieu de patios futuristes. Les premiers établissements prendront la forme de colonies de peuplement. Colons, colonies : l’oppression arrivera dans les bagages des premiers humains qui s’installeront sur cette planète rouge et innocente.
 
Via Futurism https://futurism.com/you-can-now-take-an-entire-college-course-on-martian-architecture/
 
 
Célèbre et humilié
Projet de restructuration d’un îlot malagueña présenté par Antonio Banderas et l’architecte José Seguí. Via El Pais
Projet de restructuration d’un îlot malagueña présenté par Antonio Banderas et l’architecte José Seguí. Via El Pais

Vous connaissiez Antonio Banderas, l’acteur qui incarna Zorro, mais peut-être moins Antonio Banderas, le maître d’ouvrage. Associé à l’architecte José Seguí, il a remporté le 7 avril dernier un concours international à Malaga, sa ville d’origine, pour la reconversion en centre culturel et de loisir d’un îlot comprenant deux cinémas et la maison natale de Picasso. L’ensemble représente une surface de 9 000 m2 et 14 millions d’euros de travaux. Malaga n’a pas été tendre avec son renard de fils, accusé par la rumeur d’avoir bénéficié de faveur de la part de la mairie. La goutte qui a fait débordé le vase a été la demande d’annulation du concours d’idée par un groupe hétéroclite de l’opposition municipale, comprenant des membres affiliés à Podemos, Ciudadanos et PP. Se prétendant enchanté par le « sceau de banderas », le groupe affirma avoir voté pour l’annulation du concours par préférence pour une commande directe… Devant « les insultes, les insinuations et le traitement humiliant » qui lui a été reservé, Banderas a décidé d’abandonner le projet. Le verra-t-on prochainement sur le grand écran dans la peau d’un promoteur rebelle et vengeur ?
 
Via El Pais http://cultura.elpais.com/cultura/2017/05/16/actualidad/1494924854_189849.html?rel=cx_articulo #cxrecs_s
 
Construction et Gravité
Une travée de la façade arrière de l’école d’architecture de Nancy s’est effondrée sans faire de victimes. Via Radio France - Mohand Chibani
Une travée de la façade arrière de l’école d’architecture de Nancy s’est effondrée sans faire de victimes. Via Radio France – Mohand Chibani

Pourquoi ça tombe ? La question, on ne le rappellera jamais assez, titre d’un ouvrage Mario Salvadori traitant de la structure, va hanter pour un moment les étudiants, enseignants, cadres et autres utilisateurs de l’école d’architecture de Nancy. Une travée de la façade arrière du bâtiment conçu par Livio Vacchini s’est effondré lundi après midi : « le bruit a duré environ dix secondes, c’était suffisamment long pour avoir peur, personne n’a eu le réflexe d’aller se réfugier sous les tables, tous les étudiants étaient terrifiés. Fort heureusement, il n’y a pas eu de blessés. Le comble c’est que ce genre d’accident survienne dans une école d’architecture. C’est triste pour notre réputation. Mes amis me charrient en me disant qu’ils espèrent que l’architecte du bâtiment ne fait pas partie de mes profs» déclare une étudiante. France Bleu donne la parole à une certaine Estelle Sexy, employée au département «valorisation de l’école d’architecture» «On ne s’attendait à cet effondrement même si on avait remarqué il y a quelques jours qu’une plaque du mur avait bougé à cet endroit, à l’intérieur de l’établissement. Un périmètre de sécurité a été installé, toutes les salles de cours ont été fermées avec interdiction d’y accéder. Heureusement que nous avions déjà pratiqué des exercices d’évacuation. Cela nous a bien servis». Les étudiants vont devoir se chercher une autre école pour un certain temps, dans un style modulaire du genre Algeco ou container 20 pieds.
 
Via France Bleu https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/la-facade-de-l-ecole-d-architecture-de-nancy-s-effondre-1495474702