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Atelier Li Xinggang – Vital Architecture

Du 14 octobre au 7 novembre 2026, la galerie d’architecture à Paris présente l’exposition Atelier Li Xinggang – Vital Architecture. Soirée d’inauguration le mardi 13 octobre 2026 avec la conférence inaugurale par Li Xinggang à 18h30 et le vernissage en présence des architectes à 19h30.

texte rédigé par la galerie

Développée par l’Atelier Li Xinggang, Vital Architecture désigne une approche architecturale qui guide sa recherche et sa pratique, en articulant sensibilité poétique, attention au contexte et réflexion sur les conditions contemporaines de l’habiter. Héritant des principes de création spatiale de la tradition chinoise tout en les réinterprétant à travers les outils du projet contemporain, Vital Architecture cherche à apporter des réponses aux enjeux actuels de l’habiter et aux conditions de la vie humaine dans le monde contemporain.

Entre idéalisme et réalité
Les dix projets présentés dans cette exposition illustrent cinq manifestations de la Vital Architecture : les jardins introvertis au cœur de la ville ; la symbiose entre le neuf et l’ancien sur des sites marqués par la mémoire et la transformation ; les structures conçues pour des environnements dépourvus de repères contextuels ; les ensembles d’abris constitués à partir d’unités structurelles et spatiales ; enfin, les architectures qui se fondent dans le relief et les formes du paysage. Réunis avec d’autres réalisations de l’Atelier Li Xinggang, ces projets composent un ensemble cohérent qui dessine les contours d’une véritable « Vital City ».
L’exposition se déploie à travers une scénographie stratifiée qui associe esquisses et fragments de textes, maquettes et dessins, photographies et vidéos, installations et mobilier. Les caisses en bois utilisées pour présenter les maquettes proviennent du réemploi des emballages ayant servi au transport de l’exposition. Ce choix reflète l’état d’esprit de l’Atelier Li Xinggang, dont la pratique articule étroitement recherche, conception, construction et expérience, ainsi que son ambition de créer un « Total Milieu », un environnement où architecture, usage et perception forment un tout indissociable.

@atelier_lixinggang

Des jardins introvertis dans la ville
Cette stratégie de conception cherche à transposer l’idéal spatial d’ « habiter la nature », traditionnellement incarné par l’art du paysage miniature dans les jardins chinois, dans une pratique architecturale adaptée aux environnements urbains contemporains à forte densité. Le projet s’articule autour de la création, au cœur de l’architecture, d’un « jardin urbain » introverti et vertical. Depuis l’extérieur, le bâtiment se présente comme une enveloppe protectrice, isolant ses occupants du bruit et de l’agitation de la ville. Ses ouvertures sont soigneusement orientées vers les paysages les plus qualitatifs, créant ainsi un univers intérieur propice au retrait, à la contemplation et à l’habitation.

Au sein de ce volume protégé, le projet cherche toutefois à dépasser la condition d’un environnement entièrement artificiel en y faisant pénétrer la nature sous différentes formes : fragments de nature miniaturisés, végétation, lumière, vues cadrées ou encore évocations plus abstraites du monde naturel. Alors que les jardins traditionnels chinois se déploient principalement selon une logique horizontale, ce jardin urbain se développe à la verticale, sur plusieurs niveaux et dans une succession d’espaces. Il constitue ainsi une réinterprétation contemporaine du jardin classique, adaptée à la densité et à la verticalité de la ville. Le processus de conception s’appuie sur la logique spatiale du jardin pour organiser les différents programmes et mettre en scène leurs relations. Une attention particulière est portée aux vues cadrées, aux perspectives et aux lignes de regard, qui deviennent de véritables outils de composition architecturale.

Ainsi, au Centre culturel d’Anren pour la Secte des Grands Artisans, la conception des circulations et des différences de niveaux permet de créer de véritables parcours tridimensionnels, offrant une succession d’expériences spatiales. Ces parcours articulent clairement des espaces publics et dynamiques avec des espaces plus calmes et immersifs, construisant une hiérarchie spatiale riche et offrant aux usagers une expérience à la fois physique, sensorielle et spirituelle de l’architecture.

Miniature Beijing, rénovation du n°28 de Dayuan Hutong
Ce projet de rénovation prend place au cœur des hutongs de la vieille ville de Pékin. À travers les différentes périodes de son histoire, la ville s’est développée selon une logique spatiale relativement constante, fondée sur une structure fortement ordonnée, répétitive et capable de s’étendre. C’est cette logique urbaine qui a inspiré les architectes dans la transformation d’un ensemble traditionnel composé de trois pièces et de deux cours en une véritable « micro-communauté », réunissant cinq logements et un espace à usage collectif.

Cette organisation dense et auto-organisée répond aux nouveaux modes d’habiter, caractérisés par des logements plus compacts, tout en conservant la richesse spatiale et la convivialité propres à la vie traditionnelle autour des cours. Le projet cherche ainsi à révéler les principes qui ont façonné durablement le développement de Pékin, en s’appuyant sur des structures spatiales qui ont traversé le temps. La nouvelle communauté s’inscrit dans la continuité de la ville grâce à une succession d’espaces collectifs et publics, organisés sur plusieurs niveaux, qui favorisent les rencontres et les interactions entre les habitants. À travers cette intervention, une petite parcelle devient ainsi une réinterprétation miniature de la ville de Pékin, où densité, ordre spatial, vie collective et mémoire du lieu se rencontrent. C’est cette idée qui a donné son nom au projet : « Miniature Beijing »  – « Pékin miniature ».

Centre culturel d’Anren pour la Secte des Grands Artisans
Ce centre culturel polyvalent, comprenant une salle d’exposition, une salle de conférence et une salle de concert, est situé au cœur de la ville ancienne d’Anren, dans le comté de Dayi, au Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine. Forte de plus de mille ans d’histoire, la ville s’est progressivement construite autour d’un tissu architectural fragmenté, où se côtoient des bâtiments de styles, d’époques et d’échelles très différents. Dans les environs du projet, les anciennes rues traditionnelles voisinent ainsi avec de vastes constructions contemporaines, formant un paysage urbain particulièrement hétérogène. Pour s’inscrire dans ce contexte sans le nier, l’architecte s’appuie sur des éléments caractéristiques de l’architecture locale, notamment les toitures inclinées et les cours intérieures. Le projet se compose ainsi d’une série de volumes aux formes et aux dimensions variées, dont les silhouettes évoquent un paysage montagneux.

Organisés les uns par rapport aux autres, ces volumes permettent de relier les différentes échelles du tissu urbain tout en créant une succession de cours et de jardins. L’ensemble forme ainsi une séquence d’espaces progressivement articulés, où l’architecture, la végétation et les circulations s’entremêlent pour proposer une interprétation contemporaine du jardin traditionnel chinois.

Une symbiose entre le neuf et l’ancien sur les Ruines
Dans le contexte de l’urbanisation rapide de la Chine, les vastes opérations de renouvellement urbain ont laissé derrière elles de nombreux espaces en attente de transformation, parfois réduits à l’état de « ruines ». Terrains vacants, fragments de bâtiments ou structures délaissées, ces lieux conservent pourtant de nombreuses traces du passé et des éléments de mémoire collective. Ils constituent de véritables palimpsestes, sur lesquels différentes époques et histoires se superposent. Pour nous, toute intervention architecturale sur ces sites doit avant tout chercher à préserver et comprendre ces différentes strates, afin d’identifier ce que l’on pourrait appeler le « code génétique » du lieu et de poursuivre son histoire plutôt que de l’effacer.

L’architecture nouvelle ne doit donc pas s’opposer à l’existant, mais s’en inspirer et entrer en dialogue avec lui. En retour, l’intervention contemporaine peut redonner une nouvelle vie aux traces du passé et en révéler la valeur. Le neuf et l’ancien forment ainsi une relation de complémentarité et de symbiose, où chacun contribue à faire exister l’autre. Dans le projet Pavillon-Silo (Holiday Inn Express Beijing Shougang), les nouvelles structures sont directement installées sur les vestiges industriels existants. Les colonnes prolongent le nouveau bâtiment vers le bas, traversant les structures anciennes et établissant ainsi une continuité physique entre l’architecture contemporaine et les traces du passé.

Dans Instantaneous Arcadia, quatre structures temporaires ont été implantées en relation avec les éléments déjà présents sur le site : une terrasse, un arbre isolé, les remparts de la ville et un ancien relief. Par cette intervention volontairement éphémère, le projet réinterprète le caractère du lieu et permet aux visiteurs de redécouvrir l’histoire qui y demeure inscrite. L’intervention ne cherche donc pas à effacer les ruines, mais à s’appuyer sur elles pour créer de nouvelles formes d’usage et d’expérience, faisant du passé une composante active de l’architecture contemporaine.

Pavillon-Silo  – Holiday Inn Express Beijing Shougang
Le parc Shougang, situé dans le district de Shijingshan, à l’ouest de Pékin, est devenu au cours de la dernière décennie un lieu patrimonial particulièrement attractif. Son intérêt réside notamment dans la préservation de ses anciennes installations industrielles, témoins de l’histoire de la production sidérurgique qui a marqué le site. Un ensemble dense d’anciens silos à minerai, bâtiments de hauts- fourneaux, cheminées et autres structures industrielles compose aujourd’hui un vaste paysage de « ruines industrielles », où les différents vestiges forment un ensemble continu et cohérent. Le projet s’appuie sur trois de ces structures  – l’ancienne station de compresseurs d’air, le silo et le local de distribution électrique  – pour les transformer en un hôtel-boutique industriel unique.

Plutôt que d’effacer les traces du passé, l’intervention vient s’inscrire directement dans l’existant, en superposant de nouvelles structures aux bâtiments anciens et en créant un dialogue entre architecture contemporaine et patrimoine industriel.

Instantaneous Arcadia à Nankin
Ce projet prend place dans l’angle sud-ouest de la muraille historique de Nankin. Le site présente un paysage presque surréaliste, où se mêlent jardins paisibles, marchés animés, temples florissants, quartiers résidentiels démolis, usines abandonnées, vestiges de la muraille ancienne et terrains vagues envahis par les herbes. Cette étonnante juxtaposition de lieux et d’époques constitue à la fois un microcosme de l’évolution de Nankin et une image, à plus petite échelle, des transformations qui façonnent aujourd’hui les villes chinoises. Quatre groupes de structures sont implantés aux quatre limites du site, de manière à créer entre eux un dialogue et un réseau de relations. Par le simple fait de construire, le projet vient alors révéler les qualités cachées du lieu, tout en proposant une intervention volontairement temporaire. L’architecture agit ainsi comme un révélateur : elle s’insère dans ce paysage fragmenté sans chercher à le transformer profondément, et fait émerger, à travers cette intervention éphémère, la poésie singulière d’un site marqué par la coexistence du passé, du présent et de l’abandon.

Des structures dans des environnements sans contexte préexistant
Cette stratégie de conception s’applique principalement aux situations de « tabula rasa », comme les nouveaux quartiers urbains construits sur des territoires vierges et dépourvus de véritable contexte historique. Dans ces environnements, la structure devient le principal langage architectural et le fil conducteur du projet. Elle n’est plus envisagée comme un simple dispositif destiné à porter le bâtiment, mais comme un élément qui participe pleinement à sa conception. En étroite relation avec les usages et l’organisation des espaces, elle donne forme à l’architecture, définit sa hiérarchie intérieure et contribue à créer une atmosphère propre au lieu. Cette approche permet ainsi d’établir une cohérence entre l’intérieur et l’extérieur et, surtout, de donner au site une identité et un véritable sens du lieu. Le projet cherche ainsi à dépasser la dimension purement technique de la structure en lui conférant également une valeur culturelle, formelle et spatiale. Elle devient un véritable outil de composition et un support de l’identité du bâtiment, comme l’illustre le gymnase de l’Université de Tianjin. Dans d’autres situations, la structure peut au contraire être légère, temporaire ou modulaire, afin d’intervenir avec davantage de délicatesse tout en créant un contraste avec son environnement. Elle devient alors un moyen de transformer et d’activer un site, sans nécessairement en modifier profondément la nature. Dans le projet de rénovation des habitations troglodytiques du temple Foguang, par exemple, une fine structure métallique reprend symboliquement la forme des voûtes existantes. Elle vient redessiner l’espace et en révéler la mémoire, tout en faisant écho à l’histoire du lieu. Cette intervention, à la fois légère et expressive, transforme profondément l’atmosphère du site et lui donne une nouvelle dimension spatiale et mémorielle.

Rénovation des habitations troglodytiques du temple Foguang
Le temple Foguang, situé dans la région du mont Wutai, dans la ville de Xinzhou, au Shanxi  – un territoire particulièrement riche en temples bouddhistes  – s’inscrit directement dans la topographie du site. Le terrain s’élève progressivement d’ouest en est et forme trois cours en terrasses successives, au sommet desquelles se trouve le Grand Hall oriental. Sur le côté est de la terrasse intermédiaire, six habitations troglodytiques voûtées, appelées yaodong, sont disposées régulièrement. Elles se répartissent en deux groupes, au nord et au sud, séparés par un passage central voûté. À l’origine, les voûtes en brique et en pierre étaient recouvertes d’un enduit blanc. Cette finition uniforme donnait aux espaces une apparence très neutre, effaçant en partie leur matérialité et leurs repères architecturaux. Le projet introduit alors une fine structure métallique, légère et aérienne, qui dessine une sorte de « structure linéaire » noire et abstraite à l’intérieur des habitations. Elle permet d’organiser et de relier les différents éléments de l’exposition  – étagères, plateformes, luminaires et bibliothèques  – pour former un ensemble cohérent. Plutôt que de transformer directement l’architecture existante, cette nouvelle structure vient s’insérer dans les voûtes et en souligner la géométrie. Elle redonne ainsi une lecture claire aux espaces tout en conservant leur caractère historique et en créant un dialogue subtil entre l’ancien et le contemporain.

Gymnase du nouveau campus de l’Université de Tianjin
Ce complexe sportif polyvalent se situe à l’angle nord-est du nouveau campus de l’Université de Tianjin, en périphérie de la ville. Construit sur un terrain jusque-là vierge, le campus a vu l’ensemble de ses bâtiments sortir de terre presque simultanément. Malgré une organisation soigneusement planifiée et un programme architectural complet, cette construction rapide donne au site une impression de vide et de rupture, comme s’il lui manquait encore une véritable identité. Pour répondre à cette situation, les architectes ont cherché à créer un univers spatial autonome et cohérent, capable de donner au lieu sa propre identité. Une série de volumes correspondant aux différentes structures du bâtiment est ainsi regroupée pour former un ensemble compact, ordonné et fortement structuré. À l’intérieur, les différents espaces sportifs s’imbriquent et se prolongent subtilement les uns dans les autres, créant des relations visuelles et spatiales entre les différentes activités. Cette organisation donne naissance à une expérience à la fois immersive et poétique, dans laquelle les espaces, les volumes et les circulations s’entremêlent pour créer une atmosphère singulière.

Des abris regroupés par unités structurelles et spatiales
Cette stratégie repose sur la création d’une unité de base qui remplit à la fois une fonction structurelle et spatiale, permettant de répondre aux besoins d’abri dans des contextes et des environnements variés. Cette unité, dotée d’une logique constructive claire et d’une échelle modulable, constitue le point de départ du projet. Sa répétition permet de définir progressivement la forme générale du bâtiment ainsi que les relations spatiales qui organisent l’ensemble. En combinant et en répétant cette unité horizontalement comme verticalement, le projet forme des ensembles d’habitations à la fois ordonnés, adaptables et évolutifs. Cette organisation permet de donner au bâtiment une position et une orientation claires, tout en établissant une relation étroite avec le paysage environnant. Elle crée ainsi une expérience de l’habiter où la rigueur de l’ordre constructif se mêle à la diversité des configurations spatiales.

Contrairement aux formes urbaines qui se développent progressivement de manière spontanée, ce principe de regroupement relève d’une intervention architecturale volontaire. La répétition et l’assemblage des unités permettent de construire rapidement, même dans des contextes nouveaux ou complexes, une structure spatiale cohérente, évolutive et capable de créer un sentiment d’appartenance. Le projet « Third Space » à Tangshan illustre particulièrement bien cette approche. Plutôt que de s’appuyer sur la répétition d’un étage standard, il empile les unités de manière décalée et progressive. Les logements se superposent ainsi en gradins pour former un ensemble tridimensionnel qui s’élève verticalement, donnant naissance à une architecture dense mais variée, où chaque unité entretient une relation particulière avec les autres et avec son environnement.

Centre d’accueil du site de Xanadu
Ce petit centre d’accueil des visiteurs se situe à l’entrée des ruines de Xanadu, au cœur des prairies de Xilin Gol, en Mongolie-Intérieure. Sa composition architecturale et sa conception constructive ont été pensées pour s’adapter aux différents usages du bâtiment tout en dialoguant avec le paysage de la steppe et le contexte historique et culturel du site. Vu de loin, le bâtiment évoque un petit village de yourtes mongoles, organisé en plusieurs groupes dispersés dans le paysage. Leur disposition donne l’impression d’un ensemble léger et nomade, comme s’il pouvait être démonté et déplacé à tout moment. En s’approchant, cette première perception se transforme radicalement. Côté intérieur, les bâtiments se déploient selon une ligne continue et ondulante, qui compose un espace plus dense et enveloppant. L’architecture joue ainsi sur une série de contrastes entre le petit et le grand, le léger et le massif, le temporaire et le permanent. À travers ce jeu d’oppositions, le projet trouve un équilibre entre l’image d’un habitat nomade et l’ancrage durable de l’architecture dans le paysage. Il vient ainsi s’inscrire avec discrétion et poésie dans le site historique de Xanadu, tout en faisant écho à son identité culturelle.

Le « Third Space » à Tangshan
Ce programme résidentiel se situe à Tangshan, dans la province du Hebei. En 1976, la ville a été presque entièrement détruite par le séisme de Tangshan. La reconstruction qui a suivi a permis de reloger une grande partie de la population déplacée, mais l’urgence et la rapidité de la construction ont également produit un paysage urbain très uniforme, dominé par des barres d’habitation parallèles et répétitives. Le projet cherche à rompre avec cette logique en proposant une autre manière de construire la densité. Les logements individuels, organisés en gradins, sont empilés verticalement pour former deux ensembles résidentiels qui s’élèvent comme de véritables paysages habités en trois dimensions. Cette organisation permet de créer une architecture plus riche et plus variée, où les logements entretiennent de nouvelles relations les uns avec les autres. En s’éloignant du modèle standardisé de la barre, le projet cherche ainsi à redonner de la diversité et de la vie à l’espace urbain, tout en questionnant le caractère uniforme et impersonnel du paysage contemporain de Tangshan.

Une architecture intégrée à la topographie du paysage
Cette stratégie cherche à dépasser la séparation traditionnelle entre architecture et paysage, en imaginant des bâtiments qui s’intègrent pleinement à leur environnement naturel. Elle s’inspire de l’image du paysage idéal véhiculée par la peinture chinoise, où la montagne et la forêt, l’habitation et l’être humain forment un ensemble indissociable. L’objectif est ainsi de créer des lieux où l’architecture accueille la nature et se fond progressivement dans le relief et la végétation. Le projet explore cette symbiose entre la montagne et l’habitat en jouant sur leur combinaison et leur transformation réciproque. La nature existante peut être préservée en surélevant les constructions sur pilotis ou en libérant certains espaces au sol. À l’inverse, l’architecture peut elle-même participer à la création du paysage, notamment en reproduisant les formes de la montagne ou en modelant des plateformes artificielles. L’enjeu est alors de brouiller la frontière entre le naturel et l’artificiel. Le bâtiment peut prendre l’apparence d’une « montagne construite », tandis qu’un relief artificiel peut être perçu comme une « montagne habitée ». Par ce jeu de transformation, architecture et paysage se répondent et finissent par former un ensemble cohérent, où il devient difficile de distinguer ce qui relève de la nature ou de la construction. Le National Sliding Center illustre cette approche. Sa structure intègre une passerelle en toiture, qui sert à la fois de contrepoids au porte-à-faux situé au-dessus de la piste et de parcours pour les visiteurs. La toiture inclinée, initialement conçue comme un dispositif de protection solaire, devient elle-même une sorte de montagne artificielle que l’on peut parcourir. Depuis cette promenade, elle entre en résonance avec les reliefs montagneux situés au loin, créant ainsi un dialogue entre l’architecture, le paysage et l’expérience humaine.

Installations paysagères à la Grande Muraille de Puyuan
Le projet se situe sur la rive est d’une vallée fluviale orientée du nord au sud, dans le district montagneux de Huairou, au nord de Pékin. Une petite zone résidentielle s’étend le long des courbes de niveau, face aux montagnes et à la Grande Muraille qui se dressent sur la rive opposée. Pour améliorer le cadre de vie des habitants, le promoteur souhaitait intégrer plusieurs espaces de loisirs dans le paysage environnant. Les architectes ont ainsi choisi trois sites aux ambiances très différentes, sur lesquels ils ont développé quatre ensembles d’aménagements paysagers. Chacun d’eux entretient une relation étroite avec son environnement naturel, en s’appuyant sur les quatre éléments qui caractérisent le site : la rivière, la forêt, la montagne et le ciel. Plutôt que de s’imposer au paysage, les interventions cherchent ainsi à s’y inscrire avec délicatesse et à révéler les qualités propres à chaque lieu.

Zone de Yanqing, Jeux Olympiques d’hiver de Pékin 2022

La zone de Yanqing des Jeux Olympiques d’hiver de Pékin 2022 se situe sur les versants sud du mont Xiaohaituo, au cœur des monts Yanshan. Le site se distingue par son relief montagneux, ses forêts denses, sa topographie complexe et ses possibilités d’aménagement limitées. Il accueille des équipements sportifs particulièrement spécialisés, parmi lesquels le Centre national de glisse et le Centre national de ski alpin, ainsi que plusieurs infrastructures nécessaires au bon fonctionnement des Jeux, comme le village olympique et le centre des médias de montagne. Pour préserver au mieux cet environnement naturel sensible, le projet s’est appuyé sur des outils numériques permettant de concevoir simultanément l’architecture, le paysage et les pistes de compétition. Cette approche a permis de limiter les interventions sur le terrain et de réduire l’impact des constructions sur la végétation et le relief. L’ensemble des équipements a ainsi été pensé pour s’intégrer au paysage montagneux, en épousant la topographie et en se fondant dans la forêt plutôt qu’en s’y imposant.

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Atelier Li Xinggang
L’Atelier Li Xinggang a été fondé à Pékin en 2003 par Li Xinggang. Il figure parmi les premiers studios d’architecture indépendants créés au sein du China Architecture Design & Research Group (CADG). L’atelier développe une démarche fondée sur un dialogue constant entre « recherche par le projet » et « projet par la recherche ». Son travail explore notamment les relations entre le naturel et l’artificiel, aussi bien dans l’architecture que dans l’urbanisme, avec l’ambition de créer des environnements où ces deux dimensions peuvent véritablement se rencontrer. Au fil de ses recherches et de ses projets, cette approche a progressivement conduit à l’émergence d’une ligne architecturale propre à l’atelier, qu’il définit comme une « architecture vivante ». Celle- ci cherche à créer une relation dynamique entre le bâtiment, son environnement et ceux qui l’habitent.

Li Xinggang
Né en 1969 en Chine, Li Xinggang est le fondateur et architecte principal de l’Atelier Li Xinggang, qu’il dirige depuis 2003. Il est également architecte en chef du China Architecture Design & Research Group (CADG) et professeur à l’Université de Tianjin. En 2023, il a été élu membre de l’Académie chinoise d’ingénierie. Son travail architectural et ses recherches portent sur les relations entre la nature et l’artificiel, avec l’ambition de créer une interaction étroite entre ces deux dimensions. Sa réflexion s’appuie notamment sur le concept d’« intégration de la géométrie et du paysage poétique » (shengjing jihe) ainsi que sur la méthode de l’« architecture intégrée à l’ingénierie » (Engineering-Integrated Architecture). De ces recherches est née une démarche qu’il définit comme une « architecture vivante » (Vital Architecture). Li Xinggang est notamment connu pour avoir conçu les équipements de la zone de Yanqing pour les Jeux Olympiques d’hiver de Pékin 2022, mais aussi pour avoir été l’architecte chinois principal aux côtés de Herzog & de Meuron lors de la conception du stade olympique de Pékin pour les Jeux de 2008. Parmi ses autres réalisations figurent la rénovation de l’ambassade de Chine en Espagne, le gymnase du nouveau campus de l’Université de Tianjin, le musée du site de Xanadu, le musée de Jixi, le Holiday Inn Express Pékin Shougang et la rénovation du n°28 de Dayuan Hutong. Ses réalisations ont été récompensées par de nombreuses distinctions internationales, parmi lesquelles le IOC/IAKS Architecture Prize  – médaille d’or conjointe et les International Architecture Awards. Il a également reçu le prix d’architecture Liang Sicheng, la plus haute distinction chinoise attribuée pour une contribution individuelle à l’architecture. Son travail a par ailleurs été présenté dans plusieurs grandes manifestations internationales, notamment à la Biennale d’architecture de Venise. Il a également présenté son travail autour de l’« intégration de la géométrie et du paysage poétique » lors d’expositions personnelles organisées à Pékin et à Londres en 2013, 2020 et 2025.

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