Texte rédigé par les architectes
Portivechju, édifiée sur son promontoire, s’est longtemps développée autour de son centre ancien avant de s’ouvrir vers la mer. Son rempart, à la fois fortification et habitat, dessine la ville et témoigne d’un dialogue constant entre topographie et architecture.
Implantée au pied de ce rempart, l’école reprend cette logique. Organisée sur deux restanques, elle est structurée par un mur qui relie les différents niveaux en s’adaptant à la pente. Cette figure du rempart devient la référence du projet : par sa forme, sa matérialité et sa radicalité, il prolonge le dialogue entre histoire et paysage. L’école apparaît ainsi comme un lieu privilégié de transmission de cette mémoire.
Les nouveaux murs accompagnent le déjà-là tout en clarifiant les parcours et les usages de la cour. Plus qu’un préau, le projet propose un espace de découverte où la matière raconte une histoire. Les arbres existants sont révélés par un dessin de sol propice au jeu et à l’exploration. Les murs en béton gravés évoquent l’histoire de la ville et de l’école, devenant supports de jeu, de repos et d’escalade.
Les enfants ont été associés au projet dès sa conception. Avec une céramiste locale, ils ont réalisé des carreaux en céramique portant l’empreinte de leurs mains. Intégrés aux murs, ils composent une mémoire collective où l’architecture conserve la trace de ses premiers habitants.





Le projet réintroduit également le vivant : suppression des surfaces imperméables, retour à un sol naturel, création d’un point d’eau et plantation d’essences endémiques. Cette présence de la nature participe pleinement à l’éducation des enfants. Cette démarche se prolonge dans la construction. Les murs en béton poncés intègrent des granulats calcaires blancs concassés issus d’une ancienne carrière locale, dans une logique de frugalité et de réduction de l’empreinte carbone. La charpente en bois local valorise les ressources du territoire et offre un préau chaleureux, pensé comme un véritable lieu de vie.
Le béton s’est imposé comme une évidence pour prolonger l’écriture des remparts de Portivechju. Sa capacité structurelle nous a permis de créer de grands murs porteurs libérant le préau de tout appui intermédiaire, offrant un espace ouvert, limitant les masques visuels et accessible aux véhicules de secours. Nous avons développé un béton intégrant des granulats calcaires concassés issus d’une ancienne carrière locale, dans une démarche de frugalité inspirée des savoir-faire vernaculaires : construire avec les ressources du territoire. Plusieurs essais de formulation et de parement ont permis d’obtenir une texture minérale évoquant la pierre des remparts tout en garantissant la durabilité de l’ouvrage. Le béton devient ainsi structure, matière et mémoire, support de gravures et d’inclusions en céramique réalisées par les enfants, conciliant performances techniques, ancrage territorial et qualité d’usage.



Béton coulé en place de 50 cm d’épaisseur
Type de béton : formulation, composition béton réalisé sur site dosé à 350 kg, ciment blanc
Lafarge « super blanc » prise mer.
Granulats blancs calcaires issus de blocs concassés d’une ancienne carrière de la région
Coffrage en banche manuportable 65 X 265 cm – joints croisés
démarche de réduction de l’empreinte carbone avec l’utilisation d’agrégats issus de blocs concassés d’une ancienne carrière de la région
Béton teinté mélange de pigment ocre jaune et brun de chez SIKA.
Finition poncée.



