Inauguré le 19 mars 2026 après seize mois de travaux, le Pavillon central des Giardini rouvre dans un état profondément reconfiguré. Confiée à l’agence romaine Labics, cette intervention s’inscrit dans un programme plus large de modernisation des infrastructures de la Biennale. À la veille de la 61e édition de la Biennale Arte, le bâtiment retrouve une lisibilité spatiale tout en assumant la complexité de son histoire constructive.
Édifié à partir de 1895 sur les vestiges d’un ancien manège équestre, le Pavillon central n’a cessé d’évoluer au fil des décennies, au gré des transformations de la Biennale et de l’intensification de ses usages. Ajouts successifs, extensions ponctuelles et interventions hétérogènes ont progressivement altéré la cohérence d’ensemble. Le projet de Labics s’inscrit dans cette logique, en cherchant à retrouver une forme d’intelligibilité sans figer le bâtiment dans un état passé. Les architectes ont opéré un tri attentif, conservant certaines traces jugées structurantes, à l’image des fenêtres conçues par Carlo Scarpa dans les années 1950, tout en supprimant les apports jugés contingents. Ce travail de sélection engage une lecture critique du patrimoine, où l’histoire devient matière à projet.



Cappelletti Studio, Courtesy La Biennale di Venezia / MiC
Réorganiser l’espace, clarifier les usages
La transformation repose sur une réécriture de l’organisation intérieure, articulée autour d’une grande salle d’exposition centrale, entourée d’espaces périphériques dédiés aux fonctions d’accompagnement. Librairie, café, espaces pédagogiques et techniques dessinent une couronne qui libère le cœur du bâtiment, désormais pensé comme un volume disponible, adaptable aux scénographies. Cette redistribution s’accompagne d’un travail sur les systèmes techniques, intégrés dans l’épaisseur des parois, afin de dégager les espaces de toute présence intrusive. La lumière zénithale, rendue possible par une nouvelle toiture, contribue à instaurer une atmosphère homogène, propice à l’exposition, tout en participant à une forme d’effacement de l’architecture.



Cappelletti Studio, Courtesy La Biennale di Venezia / MiC
Un geste contemporain dans le paysage des Giardini
À l’extérieur, l’intervention se prolonge par l’extension de la cafétéria, conçue comme une structure légère en bois lamellé et panneaux X-LAM. Cette adjonction, inspirée des altane vénitiennes, introduit une relation plus directe entre le bâtiment et le jardin, en ouvrant de nouvelles continuités d’usage. La toiture, entièrement repensée, associe structure bois, verrière et dispositifs photovoltaïques, inscrivant le projet dans une attention aux questions énergétiques sans toutefois en faire un motif démonstratif.
À l’approche de la Biennale Arte 2026, intitulée In Minor Keys et confiée à Koyo Kouoh, le Pavillon central se présente comme un espace recomposé, prêt à accueillir de nouvelles lectures.

Maîtrise d’ouvrage : La Biennale di Venezia, département des projets spéciaux, sous la direction d’Arianna Laurenzi
Architectes : Labics (Maria Claudia Clemente, Francesco Isidori)
Fabio Fumagalli
Paysage : Stefano Olivari
Coût des travaux : 31 M€
Surfaces
3 100 m² d’espaces d’exposition
865 m² d’espaces d’accompagnement (librairie, café, espaces pédagogiques)
40 m² de bureaux
160 m² d’espaces techniques
162 m² d’espaces du personnel
245 m² d’espaces extérieurs



