AccueilArchitectureTribunesFace à l’aridification du monde, que peut l’architecture ?

Face à l’aridification du monde, que peut l’architecture ?

L’eau s’impose aujourd’hui comme un enjeu central des territoires. Sécheresses, nappes épuisées, pénuries récurrentes, le stress hydrique, longtemps perçu comme un phénomène lointain, devient une réalité concrète pour un nombre croissant de villes et de régions. L’Europe elle-même voit se multiplier les alertes. La raréfaction de l’eau n’est plus une hypothèse, elle transforme déjà les conditions d’habitabilité de nombreux territoires. Une question s’impose : comment réintégrer l’eau dans nos manières de concevoir et d’habiter les territoires ? Comment faire de l’eau, non plus un simple paramètre de gestion, mais un véritable moteur de projet ? Le colloque « Eau, Humanités, Territoires, Imaginaires : Quels enseignements des régions arides ? » qui se tiendra en décembre à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine* se veut source de propositions.

S’inspirer des régions arides pour repenser la relation entre l’eau, le territoire et les sociétés, tel est le but de ce rendez-vous interdisciplinaire. Dans ces régions où la rareté de l’eau a toujours été une donnée de départ, des architectures et des systèmes hydrauliques sophistiqués ont en effet permis, parfois depuis des millénaires, de construire des écosystèmes durables. Par une approche sensible du paysage et des ressources, l’eau y est non seulement collectée et stockée, mais aussi célébrée et inscrite dans la forme même des villes et des bâtiments.

C’est à partir de ces cas exemplaires – de l’Iran au Rajasthan, du Chili au Maghreb -, qui réinventent les temporalités du projet et renouent avec des formes de sobriété et de soin, que les architectes et chercheuses Bita Azimi et Aida Tavakoli développent une réflexion invitant les architectes à questionner en profondeur leurs manières de concevoir, afin de dépasser la réponse purement technique et redonner à l’eau une dimension culturelle, paysagère et territoriale.


A lire dans le numéro 414 d’Architectures Cree, un entretien croisé avec Bita Azimi et Aida Tavakoli, coorganisatrices du colloque « Quels enseignements des régions arides ? Eau, Humanités, Territoires, Imaginaires »
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*Le colloque « Learning From the Desert ?/ Quels enseignements des régions arides ?  Eau, Humanités, Territoires, Imaginaires » s’est tenu les 4 et 5 décembre 2025 à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine à Paris.
Bita Azimi est architecte et maîtresse de conférences à l’ÉNSA Paris-Belleville, membre du conseil d’orientation scientifique de la Cité de l’architecture et du patrimoine
Aida Tavakoli est architecte DEA, doctorante au LéaV, ÉNSA Versailles

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