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La permanence comme projet : Dominique Coulon & associés

À Besançon, le nouvel Institut supérieur d’ingénieurs de Franche-Comté s’inscrit dans un campus engagé dans une refondation profonde. Loin d’une démonstration formelle, le nouvel édifice travaille par déplacements, ajustements successifs, et pose une question centrale : comment produire une architecture capable d’accueillir le changement sans se renier.

Le campus comme matière active
Le campus de la Bouloie–Temis est le résultat d’une longue accumulation, où coexistent architectures monumentales du XIXᵉ siècle et constructions rationalistes de l’après-guerre. La transformation engagée par la métropole de Besançon prolonge cette histoire sans toutefois chercher à l’unifier artificiellement. Le projet de « campus parc » s’appuie dès lors sur le paysage comme structure fondatrice : les continuités végétales, les mobilités douces et le dialogue avec les habitants redéfinissent le campus comme un fragment de ville traversable, appropriable, évolutif. Le paysage devient un milieu, au sens presque biologique du terme, dans lequel les bâtiments prennent place et se transforment.

Une implantation fondée sur le décalage
Le bâtiment de l’ISIFC adopte une posture de retrait. Son implantation parallèle aux lignes de plus grande pente et sa proximité immédiate avec une forêt classée produisent une relation étroite entre architecture et site ; les arbres influencent la lumière, les vues et le confort climatique. Deux volumes distincts différencient les espaces spécifiques et les salles d’enseignement de façon à anticiper les transformations futures. La structure sur poteaux du volume des salles de cours confirme une architecture pensée comme support, acceptant l’idée d’incomplétude, et laissant la possibilité d’une extension sans remettre en cause l’équilibre initial.

L’espace comme expérience durable
Le glissement des volumes crée un espace intermédiaire qui organise la vie collective et confère au bâtiment sa profondeur spatiale. Ici encore, l’architecture se comprend par la coupe, par les dilatations et les compressions successives. Les espaces collectifs de l’ISIFC s’inscrivent dans cette logique : lieux de circulation élargis, zones d’exposition, foyers pensés comme des volumes habités. La matérialité brute et la lumière naturelle construisent une atmosphère sobre, volontairement non spectaculaire, ponctuée par des intensités chromatiques ciblées. L’auditorium, relié à la salle d’examen par un dispositif mobile, introduit une capacité de transformation immédiate de l’espace. La permanence ne tient pas à une image figée, mais à une organisation spatiale capable d’absorber les évolutions pédagogiques sans perdre sa cohérence.

Institut supérieur d’ingénieurs de Franche-Comté (ISIFC) à Besançon
Maîtrise d’ouvrage : Grand Besançon Métropole
Maîtrise d’œuvre : Dominique Coulon & associés
Programme : salle modulable de 355 m² (salle de cours de 143 m²/100 places et salle de conférence de 212 m²/150 places), 13 salles de classe, salles de TP optique, salle de prototypage, salle d’impression 3D, foyer étudiant, bureaux de l’administration
Surface : 2105 m2 SDP
Coût : 5 420 000 € HT

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