22/02/2018

Aujourd’hui, nous vous proposons de revenir sur un classique de l’architecture moderne. Bien loin de l’agitation des grandes villes, c’est à Croix, dans le Nord, que l’industriel roubaisien Paul Cavrois demande à Robert Mallet-Stevens de lui construire une résidence familiale, en 1929. Il a en effet été séduit par la villa Noailles, que l’architecte parisien avait réalisé quelques temps plus tôt près de Toulon.

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Crédits : © Robert Mallet-Stevens – ADAGP / Création graphique : Axess Origami

Une villa résolument moderne

Personne influente dans le milieu de l’industrie textile, Monsieur Cavrois se devait d’avoir une maison exemplaire. Véritable château moderne, la villa permet d’accueillir les neuf membres de la famille, ainsi que le personnel de maison. Elle reprend les codes de l’architecture moderne de l’époque, dont les maîtres mots pourraient se résumer ainsi : Luminosité, hygiène et confort. On remarquera le blanc immaculé dont est couverte la cuisine : du sol au plafond, à travers la céramique, la peinture, le mobilier. Il fallait que tout soit facilement nettoyable, et la moindre tâche visible au premier coup d’oeil. Les pièces tournées vers le jardin sont baignées de lumière grâce à de grandes baies vitrées.  L’hygiénisme de l’époque passe également par l’hygiène du corps, d’où l’installation d’une bassin de 27m de long.

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© Robert Mallet-Stevens – ADAGP © Didier Plowy – CMN

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© Robert Mallet-Stevens – ADAGP © Didier Plowy – CMN

Une matérialité au service de la famille Cavrois

Le luxe de cette maison n’est pas visible dans les fioritures, puisqu’elle se veux fonctionnelle. Mais c’est plutôt avec le recourt à de belles matières, telle que le marbre vert de Suède, ou à des essences de bois nobles, que la villa Cavrois se démarque. Le béton armé, utilisé pour la structure, est un matériaux nouveau à l’époque ! Celui ci a ensuite été recouvert de briques de teintes jaunes, qui proviennent de 26 moules différents, dessinés spécialement pour la villa. A l’intérieur, l’architecte alterne entre des monochromes peints et les textures des matériaux bruts.

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Crédits : © Robert Mallet-Stevens – ADAGP / Photo : © Didier Plowy / Centre des monuments nationaux

Briques de parement utilisées sur la façade de la villa Cavrois
Crédits : © Robert Mallet-Stevens – ADAGP – © Jean-Luc Paillé / Centre des monuments nationaux

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Crédits : © Mallet-Stevens – ADAGP / © Jean-Christophe Ballot / Centre des monuments nationaux

Elle est également équipée d’infrastructures rares, que seuls les plus riches peuvent se permettre dans les années 30 : l’eau chaude et froide, l’électricité, et le téléphone dans toutes les pièces, afin de faciliter les communications au sein même de la villa de 1840 m².

Un classique à visiter

La confiance que lui ont accordé Monsieur et Madame Cavrois ont permis à Robert Mallet-Stevens de développer au mieux sa pensée de l’architecture, poussant son fonctionnalisme à son maximum. Rien n’est laissé au hasard, ce qui fait de la villa Cavrois l’œuvre-manifeste de l’architecte.

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Crédits : © Robert Mallet-Stevens – ADAGP – © Centre des monuments nationaux

 
Après le passage de la famille Cavrois, mais aussi de l’armée allemande qui en fait une caserne durant la seconde guerre mondiale, la villa est laissée à l’abandon, avant d’être racheté par l’Etat en 2001. Une vaste campagne de restauration, dont le coût s’élève à près de 23 millions d’euros, permet à la villa de retrouver son charme.  Grâce au travail du Centre des monuments nationaux, la villa accueille de nouveau les visiteurs férus d’architecture ou les simples curieux qui souhaitent découvrir une icône de l’architecture moderniste.
La villa Cavrois est ouverte tous les jours de 10h à 18h, sauf le lundi. L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans, les européens de 18-25 ans, ainsi que tous les premiers dimanches du mois, de novembre à mars.