16/08/2016

Continuons l’exposition du Terreau français présentée à la 15e biennale de Venise, avec les équipements touristiques au service d’une activité qui représente 6,5% du PIB. Ici, pas de règles ni de modèles, juste le besoin de donner envie, d’apporter confort et sérénité, dans ces lieux destinés à y passer des moments conviviaux, havre de paix et de repos. A la mer, à la montagne ou à la campagne, les équipements répondent chacun à un contexte particulier sans faux-semblant, sans gestes grandiloquents, préférant à la démonstration de force une rêverie douce, à l’image de la chapelle Sainte-Geneviève, propice à l’imagination. AL
 

Restaurant « La pibale », Landes

« Le village de Contis a été construit dans la lette, territoire entre l’océan Atlantique et la forêt des Landes. Il est apparu évident que ces deux paysages se laissent découvrir au travers du bâtiment. La nouvelle Pibale a été pensée comme totalement transparente d’est en ouest. Elle est fermée au nord pour se protéger des vents les plus violents. Au sud, elle s’ouvre ponctuellement pour cadrer des vues vers le linéaire de dunes vierges. La nuit, lorsque le paysage s’efface, c’est le bâtiment qui s’anime en restituant une géométrie dévoilée par ses transparences. Le ciel apparaît alors au travers des carrelets de bois, conférant au bâtiment une certaine légèreté. »
[masterslider id= »99″]
Localisation : Contis Plage. Programme : Maison, boutique et restaurant. Architectes : Atelier Ferret architectures. Crédit photo : Hervé Lefebvre

Reconversion de la chapelle Sainte-Geneviève, Meuse

« Ce qui frappe d’emblée dans le travail de Katarina Malingrey et Caroline Leloup, c’est cette capacité à allier une approche pragmatique, un « bon sens paysan » qu’elles revendiquent, et un univers poétique qui en appelle à l’enfant qui demeure en chacun de nous. Raconter des histoires au travers de leur projet est au cœur de leur pratique. Il s’agit autant de se figurer des usages futurs, des postures, que de développer au sein même du quotidien, un imaginaire autour du projet et de ses significations. La petite extension de la chapelle Sainte-Geneviève, destinée à accueillir les randonneurs, devient ainsi « une belle au bois dormant » qui semble avoir toujours été là à nous attendre à la lisière de la forêt. »
[masterslider id= »100″]
Localisation : Saint-Maurice-sous-les-Côtes. Programme : Lieu d’accueil pour les randonneurs. Architectes : OBIKA. Crédit photo : Nicolas Waltefaugle.
 

Site naturel de tourisme vert « U Mulinu Vivu », Haute-Corse

Captée en amont, l’eau est canalisée puis envoyée dans une microturbine en aval pour produire de l’électricité dans un petit édifice baptisé Mulinucciu (petit moulin), édifié à côté du moulin à grains historique, à présent désaffecté et transformé en local commun. L’excédent d’énergie produit est transformé en lumière ; à travers les jours laissés entre les pierres, la lumière filtre et transforme l’édifice en lanterne dans la nuit. Le jour, la chaux arboricole, dont les arbres du site sont badigeonnés, figure une ligne qui représente la hauteur d’eau nécessaire à la production. L’énergie, a priori insaisissable et invisible, s’incarne dans l’espace.
[masterslider id= »101″]
Localisation : Vallée de Pietracorbara. Programme : Site naturel de tourisme vert. Architectes : Damien Antoni. Crédit photo : Stéphane Guiraud
 

Parc aquatique, Lot-et-Garonne

« Le site est traité comme un fragment de paysage en continuité avec le milieu naturel en place. Un travail de modelage des terres rétablit une géographie en cohérence avec le coteau : un relief naturel accueille en contraste les objets singuliers et géométriques du programme. Une jeune chênaie est par ailleurs implantée pour créer une continuité aux structures végétales existantes. (…) Tantôt limite, tantôt passage ou lien, la clôture est aussi support des fonctions « vitales » de la piscine et se transforme, se dilate à leur contact. Elle sert de guide à une véritable promenade dès l’entrée aux bassins. Cette mise en scène des éléments de programme sur l’ensemble du site crée un lieu vivant plus vaste et généreux qu’une piscine : un bâtiment paysage que chacun peut s’approprier, au gré de ses envies. »
[masterslider id= »98″]
Localisation : Fumel. Programme : Parc aquatique. Architectes : LOG architectes. Crédit photo : Edouard Decam
 

Centre de vacances, Puy-de-Dôme

« Nous démarrons en 1998, jeunes architectes, à Clermont-Ferrand, sur une intuition initiale –nourrie par la notion de « régionalisme critique » chère à Kenneth Frampton – celle des liens mouvants et en Mouvement entre Territoire et Architecture… intuition qui incorpore nos propres initiales et forme MTA. Doucement, nous allons être confronté à la mutation de cette « terre du milieu » : déprise du monde rural, mise en friche, désindustrialisation aussi. Là où Frampton associait l’émergence du régionalisme critique à une certaine prospérité d’un territoire, il nous fallait changer de concept, d’attitude face à l’abandon constaté et l’appauvrissement grandissant. »
[masterslider id= »102″]
Localisation : Viscomtat. Programme : Centre de vacances. Architectes : MTA architectes. Crédit photo : Joël Damase
 
Sanitaires du Lac du Lit du Roi, Ain
« L’enjeu principal est de répondre au besoin de créer un lieu mieux proportionné avec un objectif d’espace plus qualitatif et rationnel. L’attitude principale est de se protéger des vues directes sur le programme et ainsi d’introvertir un espace central ouvert vers le ciel. Une vue traversante oblique est permise par les ouvertures opposées tout en proposant des perceptions sur le lac et le paysage lointain. »
[masterslider id= »103″]
Localisation : Massignieu-de-Rives. Programme : Sanitaires d’une base de loisirs. Architectes : Ateliers Régis Roudil. Crédit photo : Erick Saillet
 

La ferme du Marais Girard, Vendée

« L’ancienne ferme du Marais Girard est située dans un espace de marais, au bord de l’océan, rattrapé par l’urbanisation pavillonnaire : un territoire littoral ordinaire. (…) Ce village de vacances est composé de 16 villas groupées (pontons, perchées ou patios) où l’on séjourne en lien avec l’environnement, en décalage avec les habitudes quotidiennes. Le dispositif est complété par cinq chambres d’hôtes, un logement de fonction et des bâtiments communs (accueil, restaurant, bar, halle d’animation, piscine, cuisine participative, serre, séchoir, halle aux créations). »
[masterslider id= »104″]
Localisation : Batignolles-sur-Mer. Programme : Villas touristiques, chambres d’hôtes, restaurant, bar, etc. Architectes : TICA. Crédit photo : François Dantard
 

Maison du Parc naturel régional du Haut-Jura, Jura

Le principal objectif de notre démarche est d’exprimer cette médiation entre préservation et développement. La lecture du nouvel équipement ne doit pas permettre d’identifier ce qui vient de l’histoire et de la culture locale de ce qui procède d’une démarche contemporaine et globale. La forme du nouveau bâtiment est une évolution directe de l’architecture traditionnelle, transcrite avec une plus grande abstraction géométrique et une matérialité différente, qui confirment le caractère contemporain de notre intervention.
[masterslider id= »105″]
Localisation : Lajoux. Programme : Maison du Parc naturel régional du Haut-Jura. Contributeurs : Tectoniques et Architectures Adelfo Scaranello. Crédit photo : André Morin. 
 
Citations et iconographie issues du Catalogue du Pavillon français, 15e exposition internationale d’architecture, la biennale de Venise. Nouvelles Richesses, Obras/Collectif AJAP14, Éditions Fourre-Tout, 2016
Mardi prochain 23 août, épisode 4 : le logement collectif
A voir aussi : Prologue : voir la France à Venise