17/01/2017

Tiny houses, les vicissitudes du micro-habitat, la destruction Casa Guzman d’Alejandro de la Sota, la reconstruction du dernier bunker d’Hitler, habiter Mars, Oscar Tusquets déclare sa flamme à Benidorm, Phnom Penh XXL, L’Elbphilharmonie, entre Germanie et Helvetie, les promoteurs contrarient Damien Hirst : la revue de presse du 17 janvier 2017
 
Mini-(chez)-moi
« Certains cherchent un terrain pour bâtir leur maison. Mathilde et Maxime, eux, ont d’abord construit leur maison et se cherchent aujourd’hui une place pour la poser ». Agés tous deux de 26 ans, Mathilde et Maxime sont des adeptes des « Tiny Houses », mini-maisons mobiles auto-construites présentées comme des solutions d’habitat alternatives. Ces bicoques bohèmes reçoivent un accueil si bienveillant du public et de la presse qu’on en viendrait presque à se réjouir de la crise du logement « coin cuisine avec feu et réfrigérateur, salle de bain avec douche et toilettes sèches, mezzanine avec sommier et matelas, bureau, un canapé qui fait coffre, placards, penderie, bibliothèque… Sa maison miniature a tout d’une grande ! Et avec ses 3,5 mètres de haut, elle offre même plus de hauteur sous plafond que certaines. « Avec mon copain, nous sommes tous les deux assez grands, nous voulions pouvoir respirer ! » ». Reste qu’il n’est pas facile de trouver où poser cette microarchitecture : « Nous cherchons un lieu à moins de vingt minutes de Vannes. Nous pouvons installer la maison partout, sauf sur des terres agricoles. Il est possible de louer une parcelle de terrain chez un agriculteur, dans le jardin d’une personne âgée vivant seule qui souhaite avoir une présence, ou sur le terrain d’une maison secondaire pour plus de surveillance », propose Mathilde, qui a juste besoin de quelques dizaines de mètres carrés de terrain ainsi qu’un accès à l’eau et l’électricité » – la mini-habitation possède des compteurs pour mesurer précisément sa consommation. « On peut aussi proposer du woofing à un agriculteur » contrairement à ce que suggère la sonorité de ce néo-anglicisme, il ne s’agit pas d’aboyer à la porte de cette masure à peine plus grande qu’une niche à chien, mais « d’ un échange de travail contre l’hébergement », explique Mathilde. Ce qu’il ne faut pas faire pour un logis de 5,5 mètres de long sur 2,5 mètres de large !
Via Ouest-France 
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Tombée pour l’archi ?
Stupeur lors d’une visite à la Casa Guzman, villa conçue par l’architecte Alejandro de la Sota au début des années 70 pour un client féru d’architecture. A la place de cet objet devenu sujet d’exposition, de thèses et d’études, les étudiants de l’architecte Pablo de La Torre venu dessiner la maison moderniste se sont trouvés face à l’un de ces imposants « chalet » ou « hôtelet » qui fleurissent dans la périphérie madrilène. « 45 années après, les hôtelets et chalets (que dénonçait autrefois de la Sota NDLR) ont gagné : la maison Guzman, un symbole de l’architecture de son temps, est apparue du jour au lendemain métamorphosée en un bloc de trois étages aux blancs linteaux et tuiles de zinc bleu, pale imitation des immeubles bourgeois parisiens ». Le fils n’aimait pas la maison que son père s’était fait construire. Directeur de la fondation de la Sota, Alejandro de la Sota Rius, fils de l’architecte, ne blâme pas directement le rejeton démolisseur « Si le propriétaire n’apprécie pas la maison, c’est son droit. Le problème n’est pas tant cela que l’absence totale de protections pour l’architecture du XXe siècle (…) si cette démolition peut servir à prendre conscience de la valeur de ce patrimoine, elle ne sera pas tombée pour rien, aussi douloureuse qu’aie été sa perte ». La Casa Guzman, tombée au champ d’honneur du patrimoine moderne.
Via El Mundo 
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Une maison pour Mars
Fortement contraint, l’habitat martien ne devrait pas dans l’immédiat avoir à subir les problèmes de style ou de vandalisme qui sont venus à bout de la Casa Guzman. Insensibles au high-tech et au vernaculaire s’abstenir : la Mars Ice Home, le modèle d’habitat que la NASA vient de présenter en 3D, peut être apparentée à une sorte d’igloo gonflable et motorisé, qui se recouvre d’une couche de glace protégeant ses occupants des variations de températures – un celsius oscillant entre 23 et 140° selon le blog think big – ainsi que des rayonnements solaires. « Pour le moment il s’agit seulement d’un prototype. La NASA a montré les modèles qu’elle a dessinés, ce qui ne veut pas dire qu’ils sont définitifs ». Ces tiny houses séduiront-elles les candidats à la colonisation de la planète rouge ?
Via ThinkBig 
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Learning from Benidorm
« Des milliers d’artistes ont loué la beauté de Venise, et si peu celle de Benidorm », s’insurge l’architecte Oscar Tusquets Blanca, en préambule à l’exposition « Gran Benidorm », présentant ses dessins, aquarelles et photomontages représentant l’étrange cité balnéaire surgie au nord d’Alicante dans les années 60. Pour plaider la cause de Benidorm, ville plébiscitée par les touristes autant que méprisée des intellectuels, Tusquets cite les travaux de MVRDV « Benidorm est la machine de tourisme de masse la plus efficace d’Espagne. D’une densité trois fois supérieure à la ville de Mexico, elle accueille 6% du tourisme national sur seulement 7 kilomètres de côte. Il suffirait de 13 Benidorm pour remplir les besoins de toute l’industrie touristique espagnole ». Si MVRDV avait transformé ses observations en livre (Costa Iberica, upbeat to the leasure city), Tusquets mise tout sur le visuel « mon travail consistera à capturer graphiquement la beauté d’une ville extra-dense, passant habituellement pour laide ». « Des yeux qui ne voient pas » sur la Costa Blanca.
Via Arquitectura Viva 
 
Damien jette l’éponge
Passant pour l’artiste le plus riche du monde, Damien Hirst s’était lancé en 2013 dans un ambitieux projet d’écoville balnéaire utopique comportant 750 maisons à cinq miles de sa maison de campagne, près d’Ilfracombe, dans le North Devon. Le village avait été surnommé Hirst-on-Sea après la divulgation des plans de l’artiste, qui y possède de nombreux biens. Mû par l’horreur des « immeubles anonymes et sans vie », Hirst voulait construire « le genre de maison dans lequel il aimerait vivre ». Las, « dans le contexte économique actuel, tous les promoteurs que nous avons rencontrés ont estimé qu’il n’était pas viable de mettre en chantier les logements correspondant à notre vision ». Et oui Damien : il est plus facile à un riche artiste de plonger des requins dans du formol que de faire réaliser ses souhaits par un promoteur – plein d’architectes auraient pu te le confirmer.
via Daily Mail 
 
Jumelles à Phnom Penh
La capitale du Cambodge devrait bientôt voir sortir de terre deux tours jumelles hautes de 560 mètres, soit 108 de plus que les tours Petronas de Kuala Lumpur. On s’étonne de la construction du cinquième et sixième édifice le plus haut de la planète dans une ville qui, même si elle connait un boom immobilier, reste bien loin derrière d’autres villes asiatiques en terme de taille, de population et d’économie. Deux entreprises chinoises réaliseront ces tours pour un montant de travaux de 2,7 milliards de dollars, financé par le groupe cambodgien Thai Boon Roong Group avec l’appui du Macao Sun Kian Ip Group. L’ensemble s’inscrit dans la politique des « nouvelles routes de la soie » voulu par Xi-Jinping pour développer l’économie chinoise hors des frontières de l’empire du milieu.
Via El Pais
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Qualité helvétique
Cette semaine, on inaugurait « un fleuron de l’architecture suisse », se félicite la Radio Television Suisse qui salue, un brin chauvine, l’ouverture de la philharmonie de Hambourg, conçue par les bâlois Herzog et de Meuron. Après les montres, les médicaments et les banques, les philharmonies vont-elle devenir un nouveau fleuron de l’industrie helvétique ?
Via RTS 
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Grand-Adolf-Tour à Berlin
Pendant que l’Autriche tente de se débarrasser de la maison natale d’Hitler, à Berlin, un entrepreneur vient de construire une copie de la pièce du bunker – détruit à la fin de la guerre – où il s’est suicidé. Deux fois par jour, une trentaine de touristes est admise dans la réplique de ce lieu, ce qui, selon Wieland Giebel, propriétaire du musée d’histoire de Berlin et promoteur de cette nouvelle attraction, doit montrer cette partie noire de l’histoire de la ville. « Comme le musée, ce bunker parait attiser la curiosité du public, ainsi qu’en conviennent différents experts », constate le quotidien ABC, qui remarque, qu’à l’instar du sexe, « Hitler vend ». Quitte à encourager le commerce, on préférait encore les Eros center locaux.
Via ABC
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Olivier Namias