11/04/2017

Halle à tout faire ; Le PLUI et le beau temps ;  Satisfactions réglementaires ;  Règlements (urbains) de compte ; Gabions en immersion ;  NIMGRY ;  Tours au carré ;  De 5 à 8 ; L’école des maires … la revue de presse du 11 avril 2017 
 
Halle à tout faire
Enthousiaste, l’adjointe au maire de Toulouse chargé de l’urbanisme, Annette Laigneau présente le projet d’Écoquartier de la Cartoucherie, construit sur l’ancien site de l’usine d’armement du Giat. Projet dont le clou est une halle « dès cet été, une animation aura lieu sur la Halle, créée par la société qui la gérera à terme. Dans la Halle, qui sera aménagée d’ici fin 2019, il y aura des restaurants, un espace de sport, avec un mur d’escalade. Il y aura des espaces de co-working. Ce sera un espace de vie. Une salle de spectacles d’environ 500 places est prévue également, dans le respect de la structure historique de la halle. Les habitants s’organisent, avec l’aide de la mairie et des comités de quartier voisins, pour créer un comité de quartier, et donc une vraie atmosphère de quartier ». Que dire devant cette programmation respectant à la lettre l’évangile de l’écovivre ensemble ? Amen ? Halle et loup y a, ajouteront les éternels méfiants.
Via La Dépêche 
 
 
Le PLUI et le beau temps
Moins à la fête, Jacques Lannoy, maire d’Echinghen (62), lance un cri d’alarme « ma commune est en train de mourir. La population est vieillissante, avec une moyenne d’âge de 45-50 ans. Il n’y a plus d’école, on ne fait plus d’enfants. Nous sommes environ 400 aujourd’hui, j’ai réussi à stabiliser ce chiffre, mais on risque de descendre à 300 dans dix ans ». Une décroissance que l’élu impute au PLUI, plan local d’urbanisme intercommunal : « les petites communes ont été mises de côté avec ce plan d’urbanisme. On a tapé sur elles pour récupérer de la surface et j’en subis les conséquences (…). Pour les dix prochaines années, il ne nous reste plus que deux terrains communaux de 14 000 m2 et trois terrains privés de 1 500 m2, dont nous n’avons pas la maîtrise. Sur les parcelles communales, nous avons un potentiel de huit à dix maisons, en plus de la maison de retraite que je souhaite aménager. Nous les ouvrirons en priorité aux jeunes avec du locatif et de l’accession à la propriété. Mais je demandais dix maisons supplémentaires ». Les jeunes s’en vont faute d’avoir la possibilité de construire et de travailler. Dans ce contexte, pourquoi faire de la construction de la maison de retraite une priorité ? « Parce que les personnes âgées qui iront dans cette structure pourront non seulement rester sur la commune, mais elles remettront dans le cercle des logements pour jeunes. Je n’ai plus que ça comme levier ». L’Ehpad de la dernière chance…
Via La Voix du Nord

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Lundi soir, Jacques Lannoy a été fidèle à sa réputation : pas de langue de bois. via la voix du nord

 
Satisfactions réglementaires
Parce qu’il ne peut y avoir que des mauvaises nouvelles et des communes en difficulté, Alain Fabre, maire adjoint de Vieille-Toulouse, commune de l’agglomération de la ville rose, ne cachait pas sa satisfaction lors de la présentation du PLU venant remplacer le POS adopté quarante ans auparavant. « Après deux ans de travail, d’analyses mûrement réfléchies, d’échanges, de travaux sur le paysage avec des urbanistes et des architectes, le maire, Mireille Garcia, peut se féliciter du travail accompli, avec en prime un avis très favorable du commissaire enquêteur, qui a salué à plusieurs reprises la qualité de la discussion menée avec les habitants, et les réponses à l’enquête publique ». La fermeture de 100 ha à l’urbanisation n’empêchera pas la commune d’accueillir 1 500 nouveaux habitants à l’horizon 2 030, soit plus du double de la population actuelle, totalisant 1 142 habitants. Le nouveau document d’urbanisme a été adopté par 13 voix sur 14, la seule voix manquante ayant tout de même souligné « un travail exceptionnel et un très bon PLU ». L’unanimité aurait sans doute paru trop soviétique, ce qui ne se fait plus.
Via La Dépêche 
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L’assemblée communale en séance./ Photo Archives DDM

 
Règlements (urbains) de compte
À Chambly (Province du Québec), l’adoption du plan d’urbanisme tient plus du règlement de compte que du règlement urbain. Francine Guay, conseillère indépendante de la commune, accuse les élus d’approuver sans l’avoir lu un document 700 pages, puisqu’ils ne l’ont reçu que 24 heures avant la séance du conseil. La suite, digne d’une pièce de boulevard circulaire, nous est rapportée par le Journal de Chambly « “C’est un manque de respect envers les citoyens de voter quand tu n’as pas lu le projet complet”, a reproché Guay ». Après plusieurs algarades, M. Lavoie, le maire, a sanctionné la conseillère
«- “Donne-lui une amende de 100 $, je ne veux plus l’entendre. Je comprends que vous voulez donner votre show”, a ajouté M. Lavoie.
– “Je ne fais que de la transparence. Votre manipulation, ça ne marche plus avec moi et c’est pour ça que vous me haïssez”, a tonné Mme Guay.
– “Non, de la haine, ce serait déjà de vous donner un statut”, a renchéri le maire.
– “Vous ne me musellerez pas”, a conclu la conseillère.»
Ce tragique vaudeville conduisant à échanges pas très urbains, il est peut-être tant de changer de spectacle. Ça patinait moins pendant «urbanism on Ice» ?
Via Le Journal de Chambly 
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Le projet de plan d’urbanisme a causé bien des remous à la séance publique du conseil municipal de Chambly. ©TC Media – Annabelle Baillargeon via journal de chambly

 
Gabions en immersion
« Nous allons fabriquer une sorte de bac à sable géant, avec un mur de gabion » explique Pascal Juin, chef de travaux chez Tech Sub, entreprise spécialisée dans les travaux aquatiques qui sous-traite pour Colas la réalisation de la zone de baignade du lac d’Auron, un projet porté par la ville de Bourges. Une centaine de casiers lestés chacun de 400 kilogrammes de gabions délimiteront un secteur de 50 mètres de long sur 18 mètres de large. « Tech Sub travaille en effet dans des eaux beaucoup plus troubles, plus sales et plus dangereuses. “Je suis souvent appelé pour des missions auprès d’entreprises pharmaceutiques, chimiques et pétrochimiques, ainsi que de stations d’épurations, raconte Pascal Juin. Certains de mes collègues travaillent même dans des centrales nucléaires. À Bourges, nous utilisons le scaphandre autonome car l’eau n’est pas nocive. Mais parfois nous avons un scaphandre intégral totalement étanche. Il nous arrive de travailler dans des eaux très acides, dont la température peut dépasser 50 degrés.” . En deux mots, des ambiances de conseils municipaux !
Via Le Berry 
 
 
NIMGRY
« Not in my Graveyard » — pas dans mon cimetière —, rétorquent en substance les habitants de Seysses (31) au projet d’implantation d’un crématorium sur le territoire de la commune. Vicky Vallier, président de l’association Seysses environnement, n’est pas dans l’absolu opposé au projet « “Comme nous le répétons depuis le début, nous comprenons qu’il est nécessaire d’avoir un nouveau crématorium en Haute-Garonne”. Il pourrait être construit sur la commune de Seysses, à condition que ce soit sur un terrain adéquat, situé aux abords de l’autoroute ». Une manière de rapprocher producteur et consommateur déjà à l’œuvre sur les terrains que convoitent les promoteurs de l’équipement funéraire « l’implantation actuellement choisie en dépit du bon sens aurait pour conséquences le déclassement de terres agricoles, et la mise en péril d’une AMAP Bio. Il y aurait, de plus, un gros problème de pollution due à une circulation excessive sur des voiries inadaptées ». Des terres, que Vicky Vallier veut « laisser aux vivants », détournant le slogan des crématistes pour justifier leur avantage sur l’enterrement classique. L’équipement reste polluant, selon Vallier qui a fait ses calculs. « Sachant qu’il y a environ 60 inhumations par an à Seysses, nous avons donc actuellement une pollution 10 fois inférieure à celle qui se dégagerait du crématorium, puisque le Sivom donne le chiffre de 900 crémations par an pour un four… Et ils envisagent un deuxième four dans l’avenir », s’insurge Vallier. Entre la population de de Seysses et son maire, partisan du projet, le torchon brule.
Via La Dépêche 
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Les opposants s’expriment même sur les murs de la ville. Photo : C.P. via la dépêche

 
Tours au carré
Pendant que Seysses vit dans la crainte d’un deuxième four, des Toulousains rêvent d’une deuxième tour près de la prison Saint-Michel, établissement pénitencier désaffecté qui se verra bientôt agrémenté d’un auditorium et de 11 500 m2 de logements et d’hôtel. Les bords de la Garonne vont-ils bientôt baigner «Tourlouse», métropolis occitane et verticale ? « Loin de nous l’idée de transformer Toulouse, ville horizontale par essence, en Hong Kong ou Manhattan occitanes… Mais face au casse-tête que doivent résoudre les pouvoirs publics sur le site de l’ancienne maison d’arrêt Saint-Michel, l’idée de réaliser un, voire deux immeubles de grande hauteur pour caser les 8 000 m2 de logements et les 3 500 m2 d’hôtel prévus par l’État vendeur et la Métropole aménageur, n’a rien de stupide. Elle fait même son chemin, notamment chez les riverains», expliquait un architecte associé à Libeskind sur le projet de la tour d’Occitanie, qui doit voir le jour près de la gare de Matabiau. Le futur auditorium ne devant plus être enterré, il pourrait monter jusqu’à 20 mètres de hauteur, ce qui met le site hors PLU. «Ce qu’il y a de formidable avec une tour, c’est qu’on construit un quartier d’un coup, sur un espace très réduit». Pour autant, il ne s’agit pas « d’imaginer une tour de 150 m de haut comme à Marengo. 11 000 m2 de logements, cela fait 15 étages dans la Tour d’Occitanie, on pourrait imaginer deux tours, ce qui irait bien dans l’idée de symétrie qui semble au cœur du projet métropolitain », suggère Guillaume Drijard, président du comité de quartier. Une aubaine pour un secteur immobilier en plein boom, « dopé par les derniers feux de la loi Pinel ». Un risque aussi, celui de soulever une opposition citoyenne qui désespère déjà les promoteurs du coin, lassés « des recours, gracieux auprès de la mairie ou judiciaires devant le tribunal administratif, qui se multiplent et rallongent les délais, et les coûts, de construction». Des recours gérés par la Métropole au cas par cas, en attendant de nouvelles règles d’urbanisme annoncées pour la rentrée.
Via La Dépêche
 
De 5 à 8
Surprise des habitants d’Issy-les-Moulineaux à la lecture de la page 11 du dossier de modification du PLU de leur commune « il est apparu nécessaire d’augmenter le plafond. (…) Une hauteur maximale des constructions de 80 m permettrait ainsi d’assurer des silhouettes de bâtiments élégantes et élancées ». Deux tours de cette taille doivent ainsi voir le jour à l’entrée de la zone, à l’entrée de l’avenue Léon-Blum ». Un 5 qui s’est changé en 8 : il n’était au départ prévu que de monter jusqu’à 50 mètres. «Des tours de 80 m au lieu de 50? « Aberrant! », a pourtant réagi lassociation Actevi (action citoyenne pour les transports et lenvironnement de la ville dIssy). « On ne conteste pas quil y a un vrai besoin de logements, reconnaît Clotilde Norguet, la présidente de lassociation. Mais on trouve les arguments un peu insuffisants. On aimerait que les architectes soient un peu plus inventifs. Pourquoi densifier à outrance, et de cette forme? » La ville compte sur l’inventivité des architectes, l’atelier Roland Castro, et le studio Libesking (sic), le roi du gratte-ciel à rigolo de Toulouse à New York.
Via Le Parisien
 
L’école des maires
Jeudi dernier, les maires de l’Aude se sont réunis pour participer à une session d’information sur la gestion des contentieux, « un sujet sensible sur lequel ils n’ont pas tari de questions », rapporte La Dépêche. Les sources de contentieux sont nombreuses. Elles portent sur des points propres à la fonction publique territoriale, aux marchés publics, aux domaines et à leur fiscalité, voire au litige avec les autres élus. Le point de discorde numero uno reste cependant l’urbanisme, générant autant de litiges avec les mairies que les agents municipaux. « Les permis de construire, par exemple, sont attaqués et souvent par un voisin. Autrefois, si on construisait à côté de chez lui, ça lui plaisait ou pas mais le riverain ne disait rien. Maintenant, avec la montée de l’esprit procédurier, les dépôts de plaintes augmentent ». Avocat du barreau de Montpellier spécialiste des collectivités maîtres Guillaume Merland met en garde les édiles « Attention, le maire est responsable de tout! Et sil commet une erreur, la compagnie dassurances ne le rembourse pas”». Ce qui ne veut pas dire qu’il est totalement démuni. À Chartres, la ville a fait condamner six sociétés ayant travaillé sur des aménagements de son «coeur de ville». Des maîtres d’œuvres (pour 70 % du préjudice) et des entreprises de travaux publics, condamnés au versement de dommages et intérêts pour un montant total de 349 027, 42 €. Selon la cour administrative, « les entreprises auraient dû signaler au maître d’œuvre ou au maître d’ouvrage le non-respect du cahier des clauses techniques générales ‘dont le respect leur était à tort imposé du fait des bordures prévues par le projet ». Bientôt des sessions d’information pour apprendre aux architectes à se défendre des élus ?
Via La Dépêche et l’Echo Républicain
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Les maires de l’Aude ont assisté mardi matin à la maison des collectivités à une session sur la prévention et la gestion des contentieux. / Photo l’I Claude Boyer via la dépêche

 

Olivier Namias

A apprécier, les photos de Paul Shambroom, MEETINGS SERIES / UT,-WAYNE-COUNTY