26/09/2017

Fusionnant avec Supélec, l’Ecole Centrale quitte le campus de Châtenay-Malabry pour celui du plateau de Saclay à Gif-sur-Yvette (Essonne), en passe de devenir un cluster de l’enseignement supérieur francilien. Ce 11 septembre 2017, 4200 aspirants ingénieurs ont rejoints leurs nouveaux locaux : 76 100 m2 répartis en deux bâtiments. D’un côté s’élève désormais celui dit « Gustave Eiffel » réalisé en maîtrise d’ouvrage public avec l’agence Office for Metropolitan Architecture (OMA), dirigée par Rem Koolhaas (48 000 m2). En face, le bâtiment « Francis Bouygues » – un autre « grand bâtisseur » – est issu d’un partenariat public-privé avec les architectes suisse Gigon Guyer (25 000 m2). Deux boites « XL », qui placent l’éducation sous cloche.
Concernant le projet d’OMA, une grille régule la complexité du programme et rationalise son organisation. Une grande halle de 155 x 122 m et 12 m de haut est divisée en quatre entités, résultantes des quatre champs d’apprentissage majeurs définis dans le programme.  Orientées sur l’extérieur, elles sont réparties selon un plan urbain, desservies par des rues secondaires, tandis qu’une rue principale diagonale fend le volume sur toute sa hauteur. La toiture de conception légère, avec ses coussins translucides en ETFE, se dématérialise pour laisser passer une lumière naturelle, créant une sensation d’extérieur. Car c’est bien une « ville intériorisée » que propose l’agence OMA, « une école urbaine ouverte, avec le désordre créatif encadré par un squelette structurel ». Une force conceptuelle qui engendre des pertes de repère et la sensation d’un observatoire panoptique, puisque les étudiants travailleront partout, à la vue de tous. Un monde en soi d’une clarté et d’une cohérence intense, tandis que le bardage noir peu engageant semble affirmer un désintérêt pour l’extérieur, provocation ultime. Visite en image avec Ellen van Loon, associée de OMA en charge du projet.

© Joy Ruotte / Amélie Luquain

Image à la une © Philippe Ruault