24/05/2016
GASA_Kengo-Kuma_Japon
Sunnyhills Shop, Tokyo, Japon, 2013 @ Edward Caruso

Kengo Kuma, Tokyo, Japon

Kengo Kuma nous propose un tour d’horizon de sa pratique, en commençant par sa genèse. Suite au séisme de Tohoku en 2011 et à la catastrophe de Fukushima qui s’en est suivie, l’architecte japonais s’est rendu sur place pour photographier les lieux. En découlera, selon lui, sa pratique, inspirée du plus petit, reprochant qu’une profusion de réglementations paranoïaques ait balayé à revers de béton son adorée architecture de bois (notamment à Tokyo). Ainsi, Kengo Kuma pourrait s’apparenter à un conservateur nostalgique souhaitant retrouver sa ville d’avant guerre, une ville à la silhouette basse construite en bois, le béton ayant tué la sensibilité japonaise.

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Meme Meadows, maison expérimentale, Hokkaido, 2011 @ Kengo Kuma & Associates

Mais l’architecte prône surtout une économie de la construction. Dans son livre Small Architecture / Natural Architecture, il avance que l’histoire de l’architecture et son ascension rendue possible par la technologie n’est pas nécessairement une marche en avant. Kengo Kuma préconise de construire plus petit, de « se priver des grands systèmes, se servir de nos mains et de nos ruses animales ». Pour lui, la notion de dimensionnement est fondamentale. Il a su développer une architecture de particules, où le plus grand est possible à partir de la répétition, l’accumulation et la variété du plus petit.
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GC Prostho Museum Research Center, Aichi Prefecture, Japon, 2010 @ Daici Ano

L’architecte se distingue par l’intelligence de ses assemblages de bois. Le Sunnyhills Shop à Tokyo et le Centre de recherche du musée Prostho en témoigne : Kengo Kuma agence en treilles structurels des tiges de hinoki (cyprès du Japon), assemblés sans fixation, à la manière d’un jeu de chidori pour enfants. Si très peu d’énergie grise est utilisée, ses projets nécessitent beaucoup de matière grise, selon les dires de Jana Revedin. En portant un soin attentif à des matériaux traditionnels fondamentaux (pisé, chaume, papier, bambou…), Kengo Kuma exprime la nature comme un système complexe.  

Amélie Luquain

 
Courtesy Cité de l’Architecture et du Patrimoine