23/06/2016

Le collectif berlinois raumlaborberlin présente Neocodomousse du 3 juin au 9 octobre, dans l’espace monumental du LIFE de Saint-Nazaire, ancien hangar à sous-marins datant de la guerre sur le site des chantiers navals.

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Image raumlaborberlin

Raumlaborberlin au LIFE de Saint-Nazaire

 

L’alvéole 14 de l’ancienne base des sous-marins de Saint-Nazaire, devenue le LIFE, abrite Neocodomousse, un chantier d’assemblage pensé par le collectif raumlaboberlin. Les neufs architectes, urbanistes, paysagistes et artistes détournent des matériaux de construction recyclés provenant des filières locales, en modules d’architecture expérimentale, cellules d’habitation ou pavillons plus informels, destinés à ressortir du LIFE pour contaminer la ville.

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Vue de l’exposition Raumlaborberlin, Neocodomousse, 2016 LiFE – Grand Café centre d’art contemporain, Saint-Nazaire (©) Marc Domage

Raumlabor, néologisme renvoyant aux notions d’espace et d’expérimentation, s’intéresse au renouvellement urbain, à la revitalisation des espaces délaissés. Le collectif souligne certaines incohérences et pointe les potentiels de stimulation de l’espace urbain. A Saint-Nazaire, l’agence s’intéresse à un point de basculement, un tournant dans l’histoire même de l’objet architectural qui s’éloigne de sa fonction initiale pour se transformer en quelque chose d’insoupçonné ; le fait étant que les Chantiers Navals sont passés de la marine marchande à l’industrie touristique et que le colossal bunker construit par la Wehrmacht, héritage des jours sombres, est devenu un espace de vie abritant des évènements culturels, le LIFE.

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PhotoMartinLaunay
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Vue de l’exposition Raumlaborberlin, Neocodomousse, 2016 LiFE – Grand Café centre d’art contemporain, Saint-Nazaire (©) Marc Domage

Cette réflexion sur la mutation des espaces conduit le groupe à s’intéresser à des utopies réalisées célèbres dans l’histoire de l’architecture, qui témoignent d’un changement de fonction. Notamment, comment le Phalanstère de Fourier, palais social imaginaire, est devenu le Familistère de Guise ? Ou encore, comment la Tour de David à Caracas, gratte-ciel de 45 étages programmé pour devenir un centre financier, fut transformée en un squat autogéré avec école, église, magasins et services, hébergeant plus de 3000 personnes ? Dans un même type d’espace, comment le lieu agit-il sur le collectif, et inversement ? L’agence continue de pousser sa réflexion, en s’interrogeant sur l’architecture parfaite pour une société démocratique. De fait, raumlaborberlin regarde la Ville Spatiale de Yona Friedman, une ville constituée de cellules mobiles, auto-planifiables par les habitants, ainsi que l’architecture gonflable de Hans Walter Müller. Rien d’étonnant donc à ce que le collectif imagine les principes de construction de Necodomousse avec les habitants, privilégiant une méthode participative pour une architecture modulable et mobile.

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Vue de l’exposition Raumlaborberlin, Neocodomousse, 2016 LiFE – Grand Café centre d’art contemporain, Saint-Nazaire (©) Marc Domage
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Vue de l’exposition Raumlaborberlin, Neocodomousse, 2016 LiFE – Grand Café centre d’art contemporain, Saint-Nazaire (©) Marc Domage

Neocodomousse est donc une réflexion expérimentale sur la cellule de l’habitat dans le paysage urbain, expérience évolutive et participative, entre fiction et pragmatisme.

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Vue de l’exposition Raumlaborberlin, Neocodomousse, 2016 LiFE – Grand Café centre d’art contemporain, Saint-Nazaire (©) Marc Domage

Amélie Luquain

 

Dans le numéro 376 de CREE, p 120, Vigie Sociale sur Frihamnen : un détonnant sauna perché au cœur de port de Göteborg, le Bathing Culture de Raumlaborberlin, livré en 2014

 

Bathing Culture Raumlaborberlin Sauna
Allemänna Badet / Bathing Culture, 2014, Göteborg – Suède. Raumlaborberlin / Francesco Apuzzo, Jan Liesegang avec Bruno Gonçalves, Christian Göthner, Eduardo Conceição, Florian Stirnemann, Jordane Coquart, Karoline Neumeyer, Katharina Spagl, Lasse Skafte, Maja Wendel, Maria Garcia Perez, Mariana Marques da Silva, Martina Blom, Sam Dias Carvalho

 

Courtesy Raumlaborberlin