17/04/2019

Situé dans le Pays Basque espagnol, à côté de Saint-Sebastien, Chillida Leku accueille aujourd’hui les oeuvres les plus représentatives du travail d’Eduardo Chillida, sculpteur basque espagnol disparu en 2002.

Chillida Leku : une rénovation sur plusieurs années

Acquis par Eduardo Chillida et son épouse Pilar Belzunce dans les années 80, Chillida Leku est composé de jardins permettant d’exposer des sculptures en plein air et d’un espace d’expositions à l’intérieur de la ferme Zabalaga, une construction traditionnelle basque construite au XVIème siècle.

Pendant plus de quinze ans, le couple rénove et restaure cet endroit unique, pour ensuite collaborer avec l’architecte basque Joaquín Montero. Résultat d’un premier projet de réhabilitation réussi, Chillida Leku est transformé en véritable foyer pour les oeuvres et les sculptures de l’artiste (« leku » signifie « lieu » en basque).
Le 16 septembre 2000, le musée ouvre ses portes au public. La ferme Zabalaga – bâtiment central du musée – reprend vie et Chillida Leku permet de diffuser et de conserver l’oeuvre du sculpteur basque.
Après quelques années d’inactivité, le musée est à nouveau ouvert au public en 2019. La ferme a subi une nouvelle rénovation, dirigée cette fois par l’architecte argentin Luis Laplace.

Une réhabilitation récente dirigée par Luis Laplace

Connu pour ses travaux de restauration respectueuse et durable, toujours en lien avec l’art et le design, Luis Laplace a travaillé sur ce projet avec le petit-fils d’Eduardo Chillida, Jon Essery Chillida. L’objectif était de mener une restauration respectueuse de la vision qu’Eduardo Chillida avait pour sa ferme et son musée. Chillida Leku devait faire dialoguer l’endroit avec l’oeuvre de Chillida, en conservant l’âme du lieu.
Les installations étaient en bon état ; la rénovation a plutôt consisté à procéder à quelques améliorations et mises à jour respectueuses, tout en conservant l’intégrité du bâtiment. La structure et l’aspect extérieur de la ferme n’ont pas été modifiés : seuls l’éclairage et l’isolation (au niveau des sols et des toits) ont été améliorés. Pour mettre l’environnement en valeur, l’architecte a mis en place un éclairage de haute technologie : sa lumière blanche se confond avec la lumière naturelle de l’extérieur, qui pénètre par les multiples ouvertures du bâtiment.

Pour insister sur le caractère local de l’endroit, les travaux ont été confiés à des artisans locaux. Des matériaux caractéristiques de la région ont été utilisés, comme la pierre d’une carrière locale pour créer plusieurs magnifiques bancs.
Plusieurs aménagements et installations ont été ajoutés à Chillida Leku : un centre d’accueil des visiteurs, une boutique et le café durable « Lurra » (« terre » en basque). Le parking a été rénové et un accès pour les personnes à mobilité réduite a été créé. En revanche, le lieu d’exposition ne prévoit quasiment aucune signalétique ou panneau explicatif ; installés près de certaines sculptures à l’intérieur de la ferme et dans les jardins, des QR codes à scanner permettent d’en apprendre plus sur les oeuvres.
Repensés par le paysagiste hollandais Piet Oudolf (véritable référence du mouvement New Perennial), les jardins accueillent les sculptures les plus emblématiques du travail de l’artiste espagnol.

L’exposition « Echos » : retrospective des oeuvres d’Eduardo Chillida

A l’occasion de la réouverture de Chillida Leku, la ferme Zabalaga accueille en ce moment l’exposition « Echos ». Organisée par Ignacio Chillida, cette rétrospective réunit plus de 90 pièces et couvre une période allant de la fin des années 40 jusqu’à l’année 2000.
« Echos » réunit des oeuvres en fer, en granit, en albâtre, en plâtre et sur papier. Elle permet également de découvrir des séries significatives comme les Gravitaciones (Gravitations), les Lurrak (Terres) et les Óxidos (Oxydes). Elle présente enfin un corpus important d’archives incluant des photographies, des manuscrits originaux, de la correspondance ou des catalogues d’expositions des premières années du parcours artistique d’Eduardo Chillida.