19/05/2017

Chicago contre LA, LA face à Paris, Les 33e Olympiades, le Lucas Museum et la bibliotheque d’Obama, un mémorial pour Thomas Sankara, Albert Speer, un architecte et son père, obsolescence industrielle à Montpellier

Chicago news

Centre présidentiel Obama, Jackson Park, Chicago
Centre présidentiel Obama, Jackson Park, Chicago. Le projet des architectes Todd William et Billie Tsien a été présenté au public le 3 mai dernier

« Il y aura un terrain de basket-ball », a dit sur le ton de la blague Barack Obama lors de la présentation du projet de sa future bibliothèque. Ce qui avouait « je voulais être un architecte quand j’étais jeune, et puis j’ai mal tourné » imaginait sa future bibliothèque comme une sorte de campus entouré d’un parc de sculpture et muni de tous les équipements pour un bon divertissement urbain : un talus pour faire des glissades, des barbecues et des food-truck servant des tacos. Les architectes New Yorkais Tod William et Billie Tsien associés au paysagiste Michael van Valkenburgh lui ont établi un projet un peu plus solennel, moins proche de la fête à Neu-Neu, l’évolution d’une première esquisse que le principal intéressé a trouvé trop sage. « Dans sa forme actuelle, la tour (élément majeur d’une composition éclatant le programme en trois bâtiments, NDLR) évoque la version tronquée d’un obélisque. C’est trop lourd, trop funèbre, trop pharaonique, trop similaire à une pyramide », estime Blair Kamin, le critique d’architecture du Chicago Tribune, qui juge exemplaire la bibliothèque conçue par Pei pour John Kennedy à Boston. La tradition américaine veut que l’on offre une bibliothèque à chaque président quittant ses fonctions. La coutume continuera-t-elle avec Trump, plus féru de plateaux télé que de salles de lecture ?
Via The Chicago News 
 

LA News

Malgré ses critiques du projet de William et Tsien, Kamin estime qu’il constitue « un bon point de départ. C’est infiniment mieux que le plan pour le Lucas Museum of Narrative Art — un objet hurlant “regardez-moi” planté dans le parc, mais une série de structures qui cherchent à englober le paysage, à s’englober les unes les autres avec la communauté qui les entoure ». Le Lucas Museum for Narrative Art (LMNA) devait occuper la place de la bibliothèque d’Obama. L’opposition des riverains a conduit au transfert du futur musée vers Los Angeles, où il continue de susciter l’attention des gazettes. Mad architecte vient de présenter le projet réactualisé du LMNA pour le site angelino, qui n’a pas perdu son look de méduse en phase de mitose en posant ses valises sur la côte ouest. « Le projet coûtera 1 milliard d’euros », relate le site archinect, qui donne également le prix de trois nouveaux musées de Los Angeles, qu’il met en parallèle avec les budgets alloués à la lutte contre le mal-logement et l’aide aux sans-abri. La ville a consacré en service et création de logements 138 millions de dollars US pour combattre le mal ou l’absence de logement. Le New Generation Fund, qui propose des prêts pour la location ou l’accession sociale, a de son côté dépensé 110 millions d’US $.  « Bien sûr, ces deux sujets ne sont pas liés du tout, et le Lucas Museum est financé par des fonds privés, mais cela donne une idée sur ce que représente le fait d’allouer 1 milliard à un unique bâtiment ». C’était pour faire avancer le Schmilblick, ainsi que l’on disait dans les années 80.
Via Archinect 
 

LA News 2

 Museum of Narrative Art
Le nouvelle version du projet de MAD architects, pour le projet du Lucas Museum of Narrative Art désormais implanté dans l’Exposition Park de Los Angeles

Le LNMA s’ajoutera aux 115 musées que Los Angeles possède, une dimension culturelle que la ville entend bien rappeller alors qu’elle brigue l’organisation des prochaines Olympiades face à Paris. D’une manière plus large, LA estime que le tourisme est un atout de taille pour l’attribution des 33e Jeux olympiques de l’ère moderne. « Les gens auront des tickets pour la cérémonie d’ouverture et les cinq premières journées mais ils pourraient décider d’arriver une semaine plus tôt pour profiter de la nourriture et de l’offre culturelle, ainsi que des espaces publics et de la météo, qui se marient bien avec tout ça », a déclaré Don Skeoch, responsable marketing de «Discover LA», un organisme qui rappelle que la cité des anges à reçu plus de 47,3 millions de visiteurs en 2016. La nourriture est le deuxième point fort qui devra décider les visiteurs – et le Comité d’organisation olympique – a se déplacer en masse pour les jeux. «Vous verrez que les piliers de notre marque LA ont des partis pris forts. Après la destination, nous voulons centrer notre stratégie de marque sur la nourriture. Nous tenons pour certain que les millenials (génération des enfants du baby boom, une catégorie à l’organisation chronologique un peu floue) voyagera pour la nourriture. Ils adorent la nourriture». Et ça tombe bien, car de ce côté là la ville est pourvue. «Je pense que ce qui nous distingue est d’avoir 122 différentes langues parlées à Los Angeles, je ne sais pas si nous avons 122 types de nourritures, mais nous avons une grande diversité culinaire. Et ce n’est pas juste le repas chic avec nappe dans un restaurant classe, c’est aussi la cuisine de rue et les tacos. Nous avons les meilleurs tacos que vous pouvez avoir, et les meilleurs sushis,, et entre les deux toutes les traditions». Les athlètes vont-ils troquer leur compléments diététiques au profit des Tacos ? La performance est en danger.
 
Via Sport Features
 

LA vs Paris

Les tacos de rue vont-ils barrer la route des 33e olympiades à Paris, en concurrence avec LA pour accueillir l’évènement ? Les postulants à l’organisation des jeux 2028 n’étant pas légion, le CIO pourrait bien retenir une solution inédite, et divulguer simultanément le nom des vainqueurs des deux prochaines olympiades. Un système de double attribution que les deux villes en lice ont accepté d’étudier après un premier mouvement de rejet. « Mais cette solution de secours n’est pas sans poser quelques difficultés politiques, rappelle Libération. Il y a une colossale somme dargent supplémentaire à investir si on doit attendre quatre ans de plus, déclare Gary Toebben, président de la Chambre du commerce de Los Angeles, à lagence Associated Press. Par ailleurs, le budget prévisionnel (4,9 milliards deuros contre 6,2 annoncés pour Paris) nest assuré que pour 2024, par un décret du gouverneur de Californie adopté en septembre. Est-ce que [les politiques] voudront apporter une garantie qui court pour onze ans? L’évolution de la situation financière est difficile à prévoir sur onze ans, déclare à AP le président dune association citoyenne de Californie du Sud, Barry A. Sanders ». Les infrastructures sportives et les hébergements ont été planifiés pour être disponibles en 2024 et non 2028, ont souligné les villes candidates. Autant de réticences gommées par la perspective, pour Paris, d’un quatrième échec, après ceux de 1992, 2008 et 2012. Ne resterait plus qu’à déterminer l’ordre de passages des deux villes. Pourquoi ne pas en discuter autour d’un taco à la française dans un Courtepaille, le restaurant idéal des tirages au sort délicats  ?
via Libération 
 

Le Greeter sort de l’ombre

Vincent Mateos, Greeter de Mont-de-Marsan © F3 aquitaine
Vincent Mateos, Greeter de Mont-de-Marsan © F3 aquitaine

Lors de leur passage à Paris, les membres du CIO ont-ils été accueillis par un Greeter ? Pas candidate à l’organisation des jeux 2024, Mont-de-Marsan regorge de ces personnages, habitants passionnés par leur ville et qui la font visiter gratuitement. Comme le nom anglais l’indique, le mouvement est né aux USA dans les années 90. France 3 suit le parcours de deux de ces Greeters en Aquitaine. Le premier est du type HLM’s Angel : «sac à dos et baskets, Vincent Matéos arpente son quartier. Ce qu’il aime, c’est l’architecture dite HBM, « habitat bon marché » du début du XXe siècle. Des maisons au style régionaliste, néo basque et arts déco. C’est une architecture qui est humaniste et avant-gardiste. Elle est bienveillante. C’est une architecture qui pense à l’humain». Dieu et le visiteur reconnaîtront les siens dans ce mélange de références tutti frutti. Un deuxième invite à découvrir le monde d’hygiène des Bains-Douches, dont il a recensé neuf exemples à Mont-de-Marsan : « Il y avait des baignoires en cuivre qui étaient alimentées avec de l’eau provenant de la grande fontaine. Cette eau était chauffée et on y rajoutait différents produits aux vertus thérapeutiques. (…) Je ne demande que ça, faire connaître l’existence de ces anciens bains et pourquoi pas donner envier d’exploiter, à nouveau, ces eaux». Le Greeter, déjà programmeur et bientôt urbaniste ?
 
Via France 3 Nouvelle Aquitaine 
 

Sankara, mémorial universel

Concours ouvert au Burkina Faso, pour la construction d’un mémorial en l’honneur du père de la révolution Burkinabé. Le site choisit, le siège du Conseil national de la révolution, était le théâtre de l’assassinat du leader burkinabé le 15 octobre 1987. « C’est là où le camarade Sankara a travaillé et pris les grandes décisions qui ont marqué la vie de la révolution. C’est aussi là où il a trouvé la mort avec ses compagnons (…) », a-t-il expliqué Luc Damiba, secrétaire général de l’association comité international mémorial Thomas Sankara (CIM-TS). C’est pourquoi, pour lui, un effort doit être fait pour conserver tout cela. Et pour paraphraser Thomas Sankara, M. Damiba a affirmé que « là où Sankara a été tué c’est là où, il faut le faire renaître, le ressusciter au grand dam de ces bourreaux qui avaient cru l’avoir tué ». L’ouverture du concours aux architectes du monde entier a déclenché un début de polémique « Sankara, c’est vrai, est un patrimoine national, mais il est également un patrimoine international. La preuve, pour ceux qui voyagent beaucoup, vous vous rendez compte que Sankara a eu plus de défenseurs à l’international qu’à l’interne. Et pour avoir un mémorial digne de ce nom, moi je pense qu’il est de bon ton de s’ouvrir à ceux qui ont toujours été aux côtés des Burkinabè pour la défense du patrimoine Thomas Sankara » a argumenté le chanteur de reggae K. Le Jah, présent lors du lancement de la consultation. «Et au secrétaire général (du CIM-TS, NDLR) d’emboucher la même trompette : « Sankara n’appartient plus au Burkina. Si vous avez vu le lancement, ce n’est pas que des Burkinabè qui étaient là. Tous les jeunes des pays voisins étaient également là ». Les architectes individuels ou cabinets d’architecture agrées, nationaux ou internationaux sont invités à soumettre leur candidature dès ce jeudi 11 mai et tous les jours ouvrables de 8h00 à 15h au siège de l’association sis au quartier 1200 logements. Avis aux amateurs.
 
Via Le Faso 
 

Cour toujours

Soudain, vous découvrez que vous êtes le copropriétaire d’une cour, d’un passage ou d’une impasse, un de ces lieux urbains interlopes qui scandalisent les passants outrés : « comment pouvez vous laisser tout cela à labandon? ». 23 espaces publics appartenant en réalité à des privés ont été identifiés dans le centre-ville de Saint-Nazaire. Les travaux incombent à des copropriétés pouvant regrouper jusqu’à 104 propriétaires surpris. La mairie dialogue depuis près de trois ans avec les riverains pris de cours, et va prendre en main l’aménagement de cinq espaces spécifiques. Ce qui ne libère pas les habitants de leur obligation de monter une structure juridique pour financer et planifier les interventions dans ces lieux. Association syndicale libre (ASL), association syndicale autorisée (ASE)… Les solutions vont servir de cas d’école : « le phénomène n’est pas nazairo-nazairien, et se retrouve dans les villes de la Reconstruction, comme Lorient ou Caen », explique l’Écho de la presqu’île.
 
Via L’Écho de la presqu’île 
 

Junior

stade de la coupe du monde 2022
stade de la coupe du monde 2022 conçu par Albert Speer Jr.

Il a 82 ans, ne se départ jamais de son air sérieux, aime agiter frénétiquement ses mains, et passe pour l’un des urbanistes les plus célèbres d’Allemagne. Son prénom est identique à celui de son célèbre père, Albert Speer, compagnon d’Hitler, architecte du Reich et commandant de l’organisation Todt à partir de 1942. Le New Yorker s’intéresse au fils du criminel nazi, qui ne fut condamné qu’à 20 ans de prison à Nuremberg, parce qu’il prétendit tout ignorer du génocide – des correspondances ont permis depuis de réfuter cette allégation. Dans sa récente autobiographie, Albert Speer Jr. se souvient d’un père très autoritaire qui terrorisait ses enfants en conduisant à toute allure dans les routes de montagne menant au nid d’Aigle d’Adolf. A la libération, submergé par la culpabilité du père, Junior se mure dans le silence et commence un apprentissage de menuisier. Il retrouvera dans les études d’architecture cette possibilité de garder le silence, et de maintenir une lignée d’architecte de Speer en fils. Speer Jr. s’est récemment fait l’avocat des monarchies du Golfe et du Qatar, qu’il a défendu à sa manière lors des accusations de travail forcé porté contre ces pays. « c’est fantastique qu’avec l’aide des médias, les gens regardent la situation des travailleurs autrement», a déclaré Speer Jr., arguant que le scandale avait apporté des changements. «Nous pensons réellement faire quelque chose de positif pour ces pays et leurs habitants», affirme Jr., c’est notre marque de fabrique». Chez les Speer, l’autocratie n’est pas une condition dont on se désespère !
Via The New Yorker 
 

Lord call

Une enquête récente du webzine Dezeen révèle que le tiers de la force de travail des agences londoniennes vient des pays de l’UE. Dans certaines agences, cette proportion peut monter jusqu’à la moitié. Une masse de travailleurs étrangers qui fait l’objet de chantage dans le cadre des négociations du Brexit, ce qui ne manque pas d’affliger Lord Richard Rogers, qui a publié une lettre ouverte à Theresa May cosignée par 19 de ses confrères, dont David Chipperfield, Amanda Levete ou Will Alsop. « Nous sommes atterrés que le gouvernement puisse utiliser ceux qui ont fait de considérables efforts autant sur le plan personnel que professionnel pour s’engager dans ce pays et enrichissent notre propre culture, à des fins de monnaie d’échange. Ce n’est pas là le comportement d’une société civilisée, et va contre les traditions britanniques de décence et de justice ». Se disant sûrs que les Britanniques s’opposeront à l’éviction des citoyens de l’UE, les architectes somment le gouvernement May de clarifier la situation, « faute de quoi nous nous ne perdrons pas seulement notre place en Europe, mais nous perdrons surtout notre honneur dans cette procédure », a déclaré Rogers, qui demande que l’on prenne en compte l’apport des industries culturelles à l’économie. « D’une certaine manière notre attitude envers le Brexit est très British. Tout tourne autour de la volonté de savoir si “cela affectera notre cash-flow.” Nous n’abordons jamais l’importance de l’industrie créative de manière non commerciale, comme un soft power ».
 
Via The Guardian 
 

Obsolescence non programmée

usine
Le DI 50 sur le site de Sanofi à Montpellier. Construit en 2012, il n’a jamais été mis en service et va être démoli. © France 3 LR

Présenté comme un fleuron en matière de recherche chimique lors de son inauguration en 2012, le DI 50, bâtiment phare du site Sanofi Montpellier, va être démoli sans n’avoir jamais produit ni même la queue d’un médicament. Entre la livraison et aujourd’hui, l’industrie du médicament a abandonné les technologies chimiques au profit des technologies biologiques, que le bâtiment et ses équipements ne savent pas mettre en œuvre. Si aucun emploi n’est remis en question — un plan social a déjà été mené en 2012 —, le site ne pourra pas doubler son effectif comme cela était envisagé. Le gâchis passe mal auprès des salariés et dans l’opinion publique. L’équipement avait coûté 107 millions d’euros, « ça représente l’équivalent d’un Téléthon, donc si quelqu’un a le culot de dire que c’est peu, alors que l’on sait que cela permet pendant un an de continuer la recherche sur les maladies génétiques, alors pour moi, oui c’est un scandale » s’étrangle une salariée du groupe. Avant la démolition totale du bâtiment, le groupe va détruire les toits et les fenêtres pour alléger le montant de sa taxe foncière. Reversera-t-elle la différence à la recherche sur les myopathies ?
 
via France 3 régions