02/12/2017

C’est à Strasbourg, un territoire à l’écart des enjeux de la métropolisation, mais pourtant en profondes mutations, que Dominique Coulon s’est implanté, imbriquant dans un même lieu son bureau et son logement.

Retrouvez ici l’intégralité du portrait filmé de l’agence de Dominique Coulon 





La ville de Strasbourg possédait un certain nombre de dents creuses, de terrains libres trop petits pour intéresser les promoteurs. En 2009, elle lance une consultation auprès des architectes afin de vendre et d’aménager ses parcelles. Au 13 rue de la tour des pécheurs, dans le quartier historique de la Krutenau, la surface au sol de 120 m2 est petite, mais cela n’effraie pas Dominique Coulon qui y voit l’opportunité d’y implanter son agence. « La contrepartie a un prix attractif, c’était de faire un bâtiment exemplaire engagé notamment sur des performances énergétiques élevées, l’utilisation de matériaux bio-sourcés et un projet de mixité. » précise l’architecte, dans une ITW filmée pour Architectures CREE datée du mois d’avril.

Se montrer ou se cacher

L’immeuble est une petite tour en bois brulé, du mélèze, une technique qui rend pérenne la peau du bâtiment grâce à la brulure du matériau. La façade masque l’imbrication des programmes. Le jeu des percements semble aléatoire, ne suivre aucun impératif fonctionnel et leurs différentes tailles brouillent la lecture des étages. Des stores de projection rajoutent une teinte colorée. Les bureaux sont légèrement en contrebas, de 80 cm par rapport au niveau de la rue.  « On a mis l’atelier de maquette devant les baies vitrées. Il y a quelque chose d’intéressant parce qu’on peut voir comment un bureau d’architecture travail. C’est une attitude, c’est une posture. Quand on fait ça, on est probablement plus enclin à dialoguer » assume l’architecte, influencé par l’attitude des pays nordiques.

Séparer ou échanger

Ce bâtiment est aussi un exemple de mixité, imbriquant dans un même lieu bureau et logement. « Pour moi c’est une chance d’habiter et de travailler dans un bâtiment qu’on a dessiné. Il y le logement, il y a le bureau. Tout ça fonctionne en harmonie. » explique Dominique Coulon. A la manière du Raumplan d’Adolf Loos, dans un jeu d’imbrication complexe, les espaces ont des proportions presque adaptées à leur fonction. Il n’y a pas de régularité dans les hauteurs de dalle. L’escalier du bureau est imbriqué avec celui des logements, séparé d’une maille de métal. Le bureau n’est finalement jamais fermé vis-à-vis des logements. « On peut imaginer des échanges, ce n’est pas une imbrication étanche entre les éléments de programmes » indique l’architecte. Le bâtiment se termine avec une toiture plate comprenant une terrasse avec bassin et jardin. Dans ces hauteurs, un volume de béton brut pivote de 10 degrés. Il s’autonomise par rapport à la masse noire du socle de bois et donne une lecture dynamique de l’angle._Amélie Luquain

 

Maitrise d’ouvrage : Privé Maitrise d’œuvre : Dominique Coulon & associés Architectes : Dominique Coulon, Olivier Nicollas, Benjamin Rocchi, Steve Letho Duclos BET Structure : Batiserf ingénierie BET Electricité : BET G. Jost BET Fluides : Solares Bauen Economiste : E3 Economie Programme : Bureaux, appartements Lieu : 13 rue de la Tour des pêcheurs, 67 000 Strasbourg Surface : SHON 500 m2 Coût : 1 320 000 € H.T Concours : 10 terrains pour 10 immeubles durables, novembre 2009 Livraison : septembre 2015
Entreprises : CBA (GO), CARCERERI (étanchéité), VOLLMER (menuiserie extérieure bois), KEMS plâtrerie, FALIERES (CVC), FRANK SANITAIRE, VEIT électricité, KERN (menuiserie intérieure bois), SIGWALD (serrurerie), HEINRICH SCHMITT (peinture), BALENA (piscine)
Photographes : Eugeni Pons, David Romero-Uzeda