13/04/2017

A l’époque de la transition énergétique, l’arrêt progressif du nucléaire est en cours. EDF et Areva, détenteur et exploitant de ces infrastructures, ont mis en place des plans de démantèlement prévoyant la destruction complète de ces bâtiments.
Détruire les centrales reviendrait à détruire une partie significative de l’Histoire du XXe siècle et le travail architectural fondamental de Claude Parent commencé en 1974. En effet, ces bâtiments, tels que nous les connaissons aujourd’hui, sont dus à la volonté d’EDF associé à Claude Parent, de donner une nouvelle image de grandeur à la France. Des tours de refroidissements aux dômes des réacteurs en béton brut, Claude Parent engage une profonde refonte architecturale des centrales.
La volonté était ici de proposer des pistes de réflexions et d’établir une méthodologie polico-programmatique susceptible d’entourer la question de l’avenir de ces infrastructures. Face à un héritage patrimonial, trois positions sont possible : le détruire, le muséifier ou l’investir. Alors que nous refusons de le détruire, faire un choix entre le muséifier ou l’investir, reviendrait à légitimer une position au détriment de l’autre. Nous proposons donc deux projets menant les deux positions de front sur le site de Chooz dans les Ardennes, où la centrale construite par Parent se glisse dans un méandre de la Meuse.
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Paru dans Architectures CREE 378

La première position investit le patrimoine. Elle réinterprète le bâtiment de manière désinvolte, tout en en gardant la mémoire intrinsèque. C’est un projet de mouvement immédiat, qui se fait sur des temps courts. La dépollution rapide par creusement permet de placer la centrale sur une île, et l’infrastructure est réinvestie pour retourner la perception que l’on a de la centrale nucléaire. C’est devenu un lieu d’amusement et de fête, où l’on se rend pour aller au casino, à l’hôtel dans la tour de refroidissement ou à un concert sur la scène flottante…
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La seconde position muséifie le patrimoine. Les centrales sont témoins d’une histoire et d’une culture française spécifiques d’une époque. Nous figeons le bâtiment dans le temps afin qu’il conserve cette mémoire, à l’image du Parthénon d’Athènes.
Nous plantons un parc dépolluant qui évolura sur des générations et dessinons un parcours de contemplation. Les bâtiments sont conservés inertes, intacts. Ils deviennent des sculptures exposées dans un musée à ciel ouvert, gardien de la mémoire d’une époque et témoins de l’écoulement du temps.
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Auteur : Elodie Artières et Daphné Catton
Directeur de la recherche : Jean-Patrice Calori
PFE, ENSA Versailles, 2016